Entretien avec Grégoire Godefroy, spécialiste de la MLS en France

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A l’occasion du début de la nouvelle saison de MLS, on a rencontré Grégoire Godefroy, le présentateur de l’émission MLS Sunday Night Soccer Show sur Eurosport. Grand collectionneur de maillots de foot, Grégoire nous présente la nouvelle saison de MLS et nous en dit plus sur son impressionnante collection.

« Grégoire, peux-tu rapidement te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?

Je suis Grégoire Godefroy, animateur sur Mouv’, la station « jeunes » de radio France, du lundi au vendredi de 13h à 17. Je suis également présentateur du MLS Sunday Night Soccer Show, la seule émission en Europe entièrement dédiée à la MLS, sur Eurosport. L’émission reprend ce dimanche pour le début de la nouvelle saison de MLS. Vous pouvez donc me retrouver tous les dimanches soir sur Eurosport 1 pendant toute la saison.

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Justement, peux-tu nous parler plus en détails de cette émission. Quelle est son concept ?

Comme je viens de le dire, c’est une émission entièrement consacrée au championnat de foot nord-américain. Cette émission, qui existe depuis le 29 juin 2015, est donc une sorte de Canal Football Club ou un Téléfoot dédiée à la MLS. Nous sommes en plateau avec des consultants comme Jérôme Meary, qui le représentant de la MLS en Europe, et Nicolas Babayou, qui travaille avec lui. Mais on fabrique l’émission surtout à 3 avec Julien Chapoy qui en est le chef d’édition et Victor Juttner, journaliste avec nous. On a régulièrement des invités, soit par téléphone soit directement en plateau. Pour la première ce dimanche, on aura le plaisir d’accueillir Damien Perrinelle, le défenseur français des New-York Red Bulls, mais aussi le rappeur Esprit Noir, qui est un grand fan de soccer. Cette année, on va essayer d’avoir plus d’invités que l’année dernière. Sinon, l’émission se résume à des récapitulatifs de matches, des débats, des news, etc. On n’a encore pas de palettes pour analyser les stratégies des équipes car notre objectif est de faire connaître cette ligue au grand public puisque qu’elle est différente des championnats européens. La MLS est composée de deux conférences avec une saison régulière et des Playoffs pour déterminer le champion. C’est plus proche de la NBA et des autres championnats américains que notre Ligue 1. Les analyses vraiment techniques viendront plus tard.

Peux-tu nous présenter cette nouvelle saison de MLS ? Quelles sont les équipes favorites cette année ?

Les équipes favorites cette saison seront les mêmes que l’an passé. Le Los Angeles Galaxy à l’Ouest et les New-York Red Bulls à l’Est. Mais on n’est pas à l’abri d’une surprise comme l’année dernière avec la victoire des Portland Timbers face à Columbus Crew, soit deux équipes que l’on savait fortes mais que l’on attendait pas à ce stade. C’est le charme de la MLS. Il y a peu d’écart entre les équipes en raison du salary cap (un plafond salarial obligatoire pour les 20 franchises engagées dans le championnat). Cette ligue est beaucoup plus ouverte que les grands championnats européens même si certaines équipes se détachent. Cette année, il faudra suivre de près l’Impact de Montréal, l’équipe de Didier Drogba, le Toronto FC de Giovinco, l’Orlando City SC de Kaka et Nocerino. A l’Ouest, il y a les Seattle Sounders de Clint Dempsey qui font aussi figure de favoris.

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Finalement quelle est la particularité de ce championnat ?

La particularité, c’est que le territoire est très grand donc ne parle de journée de championnat mais de semaine. Certaines équipes peuvent donc jouer plusieurs fois la même semaine tandis que d’autres non. C’est un championnat qui est très physique, Drogba avait d’ailleurs été surpris par l’impact des duels lors de ses premiers matches. C’est une ligue où les équipes sont très portées par l’attaque car il n’y a pas de systèmes de relégation. Du coup, il y a moins de calculs et ça joue très offensif. Toutes les équipes misent beaucoup sur l’attaque et ça se ressent lors des recrutements où peu de grands gardiens et de grands défenseurs sont recrutés. Par contre, des attaquants de renom sont souvent pistés comme Villa, Drogba, Giovani Dos Santos. Car si les équipes doivent respecter un salary cap, elles ont le droit d’acquérir trois joueurs dont le salaire n’est pas plafonné. Cela dit, ce système empêche de constituer une équipe qu’avec des superstars donc le championnat reste très équilibré et ouvert chaque année.

Si on devait trouver une équivalence, à quel championnat européen la MLS se rapproche-t-elle le plus ?

Au niveau engagement physique et la philosophie tournée vers l’offensive, je dirais la Premier League. Après, j’ai évidemment conscience que techniquement la Premier League reste largement au-dessus mais la MLS est un championnat qui progresse de manière fulgurante. Les meilleures équipes de MLS peuvent rivaliser avec certains clubs de Ligue 1 à mon avis.

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Tu parlais de salary cap, n’est-ce pas finalement un frein au développement de cette ligue qui aspire à être l’un des plus grands championnats du monde aux alentours de 2020 ?

Effectivement, ça peut être frein pour la MLS. C’est un débat qui revient souvent sur la table… Pour l’instant, les dirigeants de cette ligue ont opté pour une ligue fermée où ils assurent la pérennité des franchises en place et leur business contrairement au championnat chinois où les prix s’envolent mais où il n’y a aucune garantie. Les dirigeants de la MLS souhaitent donc prendre leur temps pour bien faire les choses car c’est une jeune ligue (elle a été créée en 1996) et qu’il y a aussi eu l’exemple raté de la NASL qui avait attiré des grands noms comme Pelé ou Beckenbauer dans les années 80 mais qui avait fini par se casser la figure car les sponsors ne pouvaient plus suivre et que le public ne répondait plus présent. Le salary cap, le système de ligue fermé sont donc une façon de prévenir les risques financiers. La MLS veut donc grandir de façon raisonnée. Son grand chantier actuel, c’est la formation des jeunes joueurs. D’ailleurs, un partenariat a été réalisé avec la fédération française de football pour former les entraîneurs américains et attirer certains joueurs français aux États-Unis.

Il y a un domaine où les États-Unis sont peut-être un cran au-dessus que le foot européen, c’est le marketing. Tu partages cet avis ?

Complètement. Au niveau spectacle, les Américains sont les meilleurs. Au niveau marketing aussi. Orlando City, qui est une franchise qui a à peine un an, joue déjà à guichets fermés. La plupart des stades sont pleins, les rencontres sont spectaculaires. Après le principal défaut de tout ça, c’est que le championnat est un peu aseptisé. Il n’y a pas d’écarts de conduite, les joueurs sont peut-être un peu trop disciplinés comme dans les autres sports américains. Après, ça reste tout de même un très beau spectacle avec des vrais fans. A Portland, par exemple, il y a un supporter avec sa tronçonneuse qui coupe des arbres en plein match dans les tribunes. Dans quasiment tous les stades, des feux d’artifice sont lancés après un but. Les rencontres sont très animées, c’est vraiment un show à l’américaine.

Tu parlais aussi la NASL. Elle est devenue une sorte de deuxième division aux États-Unis, n’est-ce pas ?

Exactement. Elle n’a plus rien à voir avec la NASL des années 80. Elle est effectivement considérée comme une deuxième division mais il y a de très bons joueurs également. Raul jouait l’année dernière aux New-York Cosmos, par exemple. Cette année, une nouvelle franchise fait son apparition : Miami avec Nesta en tant qu’entraîneur. Mais bon, comme il n’y a pas de système de promotion-relégation, la NASL demeure plutôt un championnat différent qui est inférieur à la MLS mais avec un droit d’entrée plus abordable pour les franchises de cette ligue. Par exemple, le prix d’entrée pour faire partie de la MLS est de 100 millions de dollars. C’est beaucoup moins cher pour la NASL et encore moins pour l’USL, la troisième ligue américaine. Ce sont trois divisions financières finalement.

Under Armour vient justement de faire un partenariat officiel avec la NASL. C’est une bonne stratégie selon toi ?

Clairement parce que le marché du soccer est en train d’exploser aux États-Unis. Il faut savoir que pendant de longues années, le soccer était considéré comme un sport de filles d’où leur domination dans le foot féminin. Actuellement, les mentalités changent et le soccer prend de plus en plus de place dans le paysage du sport américain. L’arrivée de Beckham a fait bouger pas mal de choses. Aujourd’hui, la MLS attire de plus en plus de sponsors et adidas va sponsoriser la ligue jusqu’en 2018. C’est aussi une des particularités de la MLS. Un équipementier ne sponsorise pas qu’une seule équipe mais toutes les équipes de la ligue. D’où l’intérêt pour Under Armour de se tester dans la NASL pour peut-être se placer dans la course au sponsoring de la MLS en 2018.

En parlant d’adidas, que penses-tu des maillots de la MLS ? Sont-ils plus beaux que ceux du foot européen ?

J’ai trois coups de cœur cette année. Tout d’abord, le maillot third des Sounders, qui est magnifique. En deuxième, c’est le maillot « From sea to sky » des Vancouver Whitecaps avec ce joli dégradé de bleu, et enfin le nouveau maillot du New-York City FC avec des touches d’orange et des imprimés. Par contre, certains maillots sont complètement ratés comme celui de Columbus avec du jaune, du bleu ciel, des bandes rouges… Des couleurs qui ne se mélangent pas. (Rires).

Grégoire, tu es aussi un grand collectionneur de maillot. Peux-tu nous donner ton top 5 ?

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Bien évidemment. Alors, comme je suis Normand, je vais dire mon maillot du Havre AC. Ce n’est pas celui de cette année mais celui des saisons précédentes. Un peu comme le maillot de Vancouver, il affiche un dégradé de bleu. Ensuite, j’ai maillot atypique. J’adore la ville de Monaco mais pas l’ASM vu que je préfère l’OGC Nice. Donc je possède le maillot de la sélection nationale monégasque. J’aime aussi beaucoup le maillot de la « Selecioun » qui est une équipe du comté de Nice qui est championne du monde des pays non affiliés à la Fifa (Conifa). Après, il y a évidemment les maillots de la MLS. Celui de l’Impact de Montréal mais aussi celui de Toronto avec Giovinco floqué au dos. Et le maillot qui me tient à cœur, c’est celui du Sporting Kansas City offert par le défenseur français Soni Mustivar, que l’on avait invité dans l’émission l’année dernière.

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Comment fais-tu pour te procurer tous ces maillots de la MLS ?

Pour celui de l’Impact de Montréal, c’est mon frère qui me l’a envoyé vu qu’il travaille dans le secteur équipement de la franchise. Donc il s’agit du maillot porté par les joueurs comme celui donné par Soni Mustivar. Pour le reste, j’achète ça sur Ebay pour environ une cinquantaine d’euros par maillot. Par contre, je souhaite que tous mes maillots soient floqués du logo de la MLS car ça fait plus authentique. Je fais attention à ne pas prendre des contrefaçons. Sur le site de la MLS, on peut également se procurer des maillots mais cela revient à cher avec les frais de port. D’ailleurs, les maillots de MLS sont sans doute plus coûteux que ceux des équipes européennes.

Depuis quand es-tu passionné par les maillots ?

J’ai commencé à faire du foot depuis mes 5 ans donc j’ai presque toujours aimé acheter des maillots. Au début, je portais des maillots connus comme celui du Barça. J’ai aussi eu des perles comme le maillot fluo de Lionel Charbonnier à Auxerre. Pourtant, je jouais attaquant mais on me l’avait offert à Noël donc je le portais. A l’époque, je le trouvais magnifique mais en y repensant, il était vraiment horrible (rires.) Sinon, j’aime aussi les maillots de certaines sélections nationales comme la Belgique ou les Pays-Bas. J’ai aussi dans ma collection le maillot de Thomas Price du manga Olive et Tom. Aujourd’hui, j’aime bien avoir des maillots que tout le monde n’a pas.

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Combien de maillots achètes-tu par an ?

L’année dernière, avec le début de l’émission, j’en ai acheté une douzaine. Bon, j’essaye aussi de me les faire offrir car ça revient à cher. Par contre, j’ai eu une période de creux de 6-7 ans où je ne me suis plus intéressé au foot donc je n’ai pas acheté de maillots durant cette période. Mais vous l’avez compris, je me suis rattrapé ces deux dernières années. Le prochain dans ma collection sera sans doute celui de Leicester car cette équipe a d’ores et déjà marqué cette saison de Premier League.

A l’avenir penses-tu te réserver une salle spéciale chez toi dédiée à tous ces maillots ?

Oh, j’en suis loin. Déjà, je n’ai pas assez de place chez moi et ma femme serait contre cette idée (rires). Mais je compte avoir encore plus de maillots dans les années à venir.

Et as-tu compté le nombre de maillots que tu possédais jusqu’ici ?

Si on compte mes maillots durant mon enfance, j’en arrive facilement à une cinquantaine car mon frère collectionne aussi les maillots de foot. Dans cette cinquantaine, au moins une trentaine doit encore être en bon état.

Tu collectionnes les maillots mais est-ce la même chose pour les chaussures de foot ?

Non pas vraiment. Aujourd’hui, je ne joue plus en foot à 11, en club, mais j’ai une équipe de futsal à 5 et j’évolue aussi avec l’équipe de Radio France. Donc je ne vois pas l’utilité de me procurer plein de chaussures pour ne pas les utiliser sachant qu’elles coûtent de plus en plus cher. Durant mon adolescence, j’étais très branché Nike parce que j’étais fan de Ronaldo, le Brésilien. J’ai eu ses Mercurial Vapor de 1998. J’ai aussi joué en Tiempo. Récemment, je me suis acheté une paire d’evoPOWER Pop Art car j’ai beaucoup aimé le design.

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Et côté performance, que penses-tu de l’evoPOWER ?

Je n’ai pas trop de points de comparaison finalement mais par rapport à mes anciennes chaussures, je trouve que l’on est vraiment à l’aise dedans. On est comme dans des chaussons car la paire épouse bien le pied et l’absence d’une languette repliable fluidifie le toucher de balle.

Dernière question, comment vois-tu ton avenir ?

J’aimerais me rapprocher encore plus du foot et du sport dans les années qui viennent. Il faut savoir que j’écris aussi pour Onze Mondial et Happiness FC donc je ne perds pas le sport de vue malgré le temps que je passe sur une radio musicale. »



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