Interview Didier Deschamps : « De mon temps, on gardait une chaussure de foot très longtemps »

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A quelques heures de l’annonce de sa fameuse liste pour l’Euro, Didier Deschamps nous a gentillement accordé un entretien dans le cadre de la finale mondiale du Nike Most Wanted. Le sélectionneur de l’équipe de France a évoqué avec nous les différences entre la vie de joueur et entraîneur mais aussi l’évolution des chaussures et maillots de football.

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« Didier, ça fait maintenant 15 ans que vous avez raccroché les crampons pour endosser le costume d’entraîneur. Qu’est-ce qui est le plus difficile dans cette transition joueur/entraîneur ?

C’est une autre vie, un tout autre métier. Quand on est joueur, on pense principalement à soi et quand on est entraîneur, on est focalisé sur les autres. La différence est là. Quand on est joueur, on fait et quand on est entraîneur, on doit faire faire. C’est une vision totalement différente du foot. On doit réfléchir à des séances mais aussi les animer tandis que quand j’étais joueur, je me contentais d’appliquer des consignes.

En 2012, vous êtes devenu sélectionneur de l’équipe de France. Ce métier de sélectionneur est-il plus difficile que celui d’entraîneur de club ?

Les deux sont difficiles. La différence, c’est évidemment cette notion de temps. Un entraîneur de club côtoie au quotidien ses joueurs tandis que le sélectionneur ne les retrouve que ponctuellement. Actuellement, le quotidien me manque car j’aimerais avoir plus de temps pour travailler avec les joueurs. Mais d’un autre côté, j’ai cette grande liberté de choisir les joueurs que je souhaite. Et en tant qu’entraîneur national, je ne travaille qu’avec les meilleurs joueurs. C’est un challenge très excitant.

Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on est sélectionneur ? Le fait de ne pas avoir vraiment le temps de travailler des automatismes, des systèmes de jeu au quotidien ? De devoir bricoler avec des pièces que vous n’avez pas au quotidien ?

Non, je ne bricole pas. Je travaille avec les meilleurs joueurs qui ont certes une vie et une responsabilité dans leur club mais l’équipe de France doit être au-dessus de tout. J’essaye de créer cette osmose, cet état d’esprit collectif dans le but de les unir dans un objectif commun.

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Didier, un sélectionneur est-il plus responsable des résultats de son équipe qu’un entraîneur sachant qu’il choisit intégralement les joueurs qui composent son effectif ?

En fait, je ne vois pas trop de différence car un sélectionneur est aussi un entraîneur. Les deux sont responsables des résultats de leur équipe. Après, c’est vrai que la liberté de choisir des joueurs demeure réduite en club tandis qu’elle est totale en sélection. Donc oui, c’est peut-être une responsabilité en plus. 

Les jeunes joueurs ont des modèles, ils copient les joueurs. Est-ce aussi le cas pour un entraîneur ? Vous inspirez-vous des entraîneurs que vous admirez ?

Il y a évidemment des sources d’inspiration. On peut prendre des bonnes choses ou idées de chaque entraîneur ou sélectionneur. D’ailleurs, ça m’arrive de m’inspirer des entraîneurs que j’ai eus lorsque j’ai été joueur. L’important c’est d’exercer sa fonction par rapport à ses convictions, son propre caractère et sa propre personnalité mais aussi s’adapter aux joueurs qui sont à disposition.

Nous sommes dans le cadre de la finale du Nike Most Wanted 2016. Quels sont conseils pouvez-vous donner aux jeunes pour trouver cet équilibre entre briller individuellement et collectivement lors d’une détection ?

Pour n’importe quel joueur, l’équipe doit être au-dessus de tout. Après chaque individu peut être important, décisif mais il ne pourra pas l’être sans cette notion de collectif. On n’est pas dans un sport individuel même si certaines individualités sont souvent mises en avant. Soyons clair, la qualité individuel fait la différence quel que soit le niveau mais il faut qu’elle soit synonyme d’efficacité et non pas de spectacle.

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Mais une détection est un cas particulier. Le résultat du match compte peu dans les choix finaux.

Oui mais il ne faut pas surjouer non plus. Il faut être naturel, jouer comme d’habitude. Il y a aussi différents postes et styles de jeu. Certains joueurs seront dans la créativité, d’autres dans la solidité ou la rigueur. Il faut un peu de tout ça pour réussir. Après, il ne faut pas empêcher les joueurs créatifs de tenter des choses même s’il y a du déchet. Donc mon conseil serait de jouer de la manière la plus naturelle possible. Il faut à tout prix éviter de surjouer.

Quels sont les critères qui sont, normalement, appréciés des sélectionneurs ?

Il existe plusieurs critères. Tout dépend du niveau, des manques dans l’effectif actuel d’une équipe… Selon les postes aussi, les sélectionneurs rechercheront des qualités particulières, parfois précises. Mais en général, l’intelligence et la capacité à analyser le jeu sont des qualités très appréciées. Au final, c’est tout de même un ensemble de choses qui va déterminer le choix d’un sélectionneur ou d’un entraîneur.   

Pour finir, on va parler des chaussures de foot. Faites-vous parti de ceux qui pensent qu’une chaussure de foot devrait toujours rester noire et en cuir ?

Je fais partie de l’ancienne génération mais non, je pense que les tendances évoluent et c’est normal que les chaussures changent. C’est vrai que de mon temps, on gardait une chaussure de foot très longtemps. On fait faisait le maximum pour qu’elle dure toute une saison voire plus. Aujourd’hui, c’est un peu différent (Rires.) Les joueurs changent de chaussures régulièrement dans l’année mais ce n’est pas les mêmes produits. La technologie a évolué et les chaussures actuelles sont bien plus performantes en termes de stabilité, légèreté mais également au niveau de l’accroche.

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Même si vous ne jouez plus aujourd’hui, avez-vous toujours la curiosité de savoir ce qui se cache derrière les nouvelles technologies.

Alors, je ne discute pas forcément avec les joueurs mais j’ai la chance de pouvoir échanger tout au long de l’année avec Nike et participer également aux discussions autour des nouveaux produits. C’est une chose qui m’intéresse pour analyser l’évolution des tendances, découvrir les nouveaux matériaux et savoir ce qui est recherché par les joueurs. Si on les compare avec les chaussures de foot d’il y a 20 ans, ce n’est plus du tout le même concept.

Si vous étiez toujours en activité aujourd’hui, feriez-vous comme Toulalan, qui joue toujours en Copa Mundial ?

Je ne sais pas. Il n’est pas de la même génération que moi mais il a quand même connu la période où toutes les chaussures étaient en cuir. Moi, je pense qu’il faut aussi s’adapter. Les joueurs d’aujourd’hui n’ont pas forcément connu les chaussures dont vous parlez donc ils sont nés avec ces nouvelles chaussures très techniques, avec des matériaux synthétiques, etc. Moi tout ce qui m’importe, c’est que mes joueurs se sentent bien dans leurs pompes, et c’est le cas de le dire. Et qu’ils soient performants lorsqu’ils touchent le ballon (rires).

Et lorsque vous jouez avec Le variété club de France, ressortez-vous des anciens modèles ?

Non, je joue avec des produits neufs même s’ils sont peut-être moins bariolés que certains. (Rires). Par contre, elles restent en cuir.

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Quel est votre avis sur les nouvelles tenues de l’équipe de France ?

Je trouve qu’elles sont très agréables à regarder mais encore plus à porter même si le grand public ne se rend pas forcément compte du travail qui a été fait sur le textile qui permet un grand confort et meilleure aspiration de la transpiration. Aujourd’hui, les technologies au niveau des maillots sont vraiment remarquables.

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Pour finir, êtes-vous superstitieux ?

Plus ou moins. Avec l’âge peut-être un peu moins même si j’attache toujours de l’importance aux petits détails.

Donc si je vous dis que les cinq dernières équipes qui ont remporté l’Euro étaient sponsorisées par adidas, ça vous inquiète ou pas ?

Non. Ce sont les statistiques, ça ne veut rien dire. C’est comme une équipe qui reste sur dix victoires. Les séries ou les records sont faits pour être battus.

Vous allez donc rompre cette malédiction pour Nike ?

Ben écoutez. On va tout faire pour en tout cas. (Il sourit).»



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