Interview Benoît Assou-Ekotto : un joueur bien dans ses chaussures

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Benoît Assou-Ekotto est un cas un peu à part en Ligue 1, voire en Europe : le latéral camerounais du FC Metz refuse de signer avec un équipementier et préfère jouer avec des chaussures qui ont parfois plus de 15 ans d’âge… Il nous a expliqué pourquoi.

«Avez-vous déjà été sous contrat avec un équipementier ?

Oui, lorsque je jouais à Tottenham [2006-2013], j’ai été en contrat avec deux marques, Puma et Under Armour. Under Armour était nouveau à l’époque sur le marché et très à l’écoute des joueurs et de leur ressenti. Ils étaient très professionnels dans leur approche et cette relation de confiance que j’avais avec eux me convenait parfaitement.

Que reprochez-vous aujourd’hui aux équipementiers ?

Pour moi, les marques sont maintenant moins préoccupées par les retours des joueurs. Ils envoient les paires par centaines à tous les joueurs sous contrat mais si vous avez un problème de pointure ou de confort, ce n’est pas forcément une priorité pour eux. Hormis pour les grands joueurs. Les autres n’ont pas vraiment leur mot à dire. On t’envoie des chaussures, tu dois les porter, point.

Les marques préfèrent aujourd’hui sponsoriser un joueur qui évolue pour une équipe nationale européenne, ou sud-américaine, plutôt qu’un joueur africain.

Aucune marque ne vous propose de contrat ?

Les marques te sponsorisent dans le seul but de vendre derrière. Par le passé, je n’ai pas apprécié le fait qu’une marque ait proposé un plus gros contrat à un coéquipier européen qui était remplaçant alors que moi j’étais titulaire. Je n’ai plus envie de m’emprisonner avec une marque qui privilégiera un joueur plus qu’un autre, non pas sur des critères de performance, mais sur des critères selon moi commerciaux comme la nationalité. Les marques préfèrent aujourd’hui sponsoriser un joueur qui évolue pour une équipe nationale européenne, ou sud-américaine, plutôt qu’un joueur africain. Il suffit de regarder le compte Instagram de la marque adidas par exemple : il n’y a pas un africain mis en avant. Pour elles, ce continent ne fait pas vendre car le marché de la vente de chaussures est en Europe, et je ne suis pas prêt à accepter ces différences de traitement.

Êtes-vous le seul joueur du vestiaire de Metz à porter des marques différentes d’un match à l’autre ? Comment vos coéquipiers régissent-ils ?

Oui, je pense être le seul. Je porte même des chaussures que certains n’ont même pas connues (rire). Il n’y a pas vraiment de questions sur mes chaussures mais plutôt : «Pourquoi tu n’as pas de contrat ?». Je leur réponds que je préfère choisir mes chaussures, être libre et que ma liberté n’a pas de prix.

 «Il y a un côté nostalgique dans ces chaussures « old school », un peu comme un tube des années 2000»

Quels sont vos critères pour l’achat de vos chaussures ?

La plupart des chaussures que j’achète sont en cuir car j’apprécie le confort et le fait que je me sente très vite à l’aise dans ces paires «old school». Il y a un côté nostalgique avec ces chaussures… Ça me rappelle mes 20 ans. C’est un peu comme si je réécoutais un tube des années 2000 !

Présentez-nous vos modèles préférés du moment…

En début de saison, je jouais avec des adidas Predator, la version Mania 2002 de David Beckham. Maintenant, je joue avec des Nike Air Legend R10 [les chaussures de Ronaldinho en 2006]. J’alterne parfois mais au bout d’un moment les chaussures s’usent, perdent un peu leur forme et je les change dans la foulée.

«J’ai failli jouer avec des Nike Mercurial dernière génération que j’avais préalablement ciré en noir»

Et comment faites-vous pour vous procurer ces paires vintage ?

Avant, je les achetais sur eBay mais depuis quelques temps, c’est un fournisseur français, @Tbtclassicfootballboots, qui m’a contacté directement sur Instagram et qui m’a proposé différentes paires. Depuis je passe par lui car il arrive à me trouver la plupart des paires neuves que je veux. Je ne l’ai jamais vu, jamais rencontré et je ne sais même pas comment il fait pour les trouver ! Parfois je lui envoie en photo des paires que j’aimerais bien avoir, parfois lui m’en propose. Il connaît ma pointure et mes critères de sélection et ça marche bien comme ça.
Avez-vous essayé des modèles actuels ?

Non, pas vraiment, je n’en ai pas eu l’occasion. J’ai failli jouer avec des Nike Mercurial dernière génération que j’avais fait préalablement ciré en noir par une société spécialisée dans le maquillage des chaussures de football… mais elles me vont trop petites ! Donc je continue de jouer avec mes paires «old school».
Êtes vous collectionneur ou les chaussures ne sont-elles pour vous qu’un outil de travail ?

Avant, je gardais juste quelques paires uniques que j’avais pu avoir mais rien de plus. Depuis trois ou quatre ans, je commence à garder mêmes les maillots ou les survêtements de clubs. Pour les chaussures, je dois en avoir aux alentours de 30 paires chez moi.»
Recueilli par Kevin Geoffroy / Footpack.fr



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