Au stade : Citi Field pour New York City FC vs Columbus Crew

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Le dimanche 22 octobre, ce n’était pas uniquement le jour du « Classique » entre l’OM et le PSG. C’était également la dernière journée de la saison régulière de MLS, aka The #DecisionDay. Fred était à New-York pour assister au match entre le New York City FC et le Columbus Crew. Il vous raconte.

Le dimanche, c’est souvent le même rituel aux États-Unis. Après la messe du matin qui réunit des millions de fidèles, direction les stades ou le canapé pour un après-midi de sport. Si le Foot US mobilise une grande partie des amoureux du sport outre-Atlantique en ce jour du seigneur, le soccer se fait peu à peu de la place. Il faut dire que la concurrence est très forte, rien qu’à New-York où je me trouve. En effet, les Giants, l’équipe de foot américain, jouent ce même-dimanche à 13h au MetLife Stadium (qui se situe dans le New-Jersey, de l’autre côté de l’Hudson River) contre les Seahawks de Seattle – ce qui constitue une très belle affiche malgré les résultats très décevants des New-Yorkais cette saison – tandis que les Brooklyn Nets affrontent les Atlanta Hawks à 15h30 au Barclays Center. D’ailleurs, le match entre New York City FC et Columbus Crew, initialement programmé au Yankee Stadium dans le Bronx, a été délocalisé au dernier moment au Citi Field du Queens, antre habituel de l’équipe de baseball des Mets, en raison du Match 7 des finales de la Ligue Américaine de baseball mettant aux prises les Yankees aux Astros. Vous l’aurez compris, le sport est omniprésent à New-York, et ses habitants ont l’embarras du choix.

Pour revenir au foot, ou plus précisément au soccer comme il est appelé aux États-Unis, l’affiche du jour est alléchante puisque le 2e de la Conférence Est, NYCFC qui compte 56 points, affronte le 5e de cette même conférence, le Columbus Crew qui détient 53 points. Comme les autres sports majeurs du pays, le championnat de MLS est divisé en deux conférences (l’Est et l’Ouest) et propose une saison régulière puis des Playoffs pour désigner le champion de la saison. Les deux premiers de chaque conférence sont exempts du premier tour des Playoffs qui opposent le 3e au 6e de et le 4e et 5e de chaque conférence sur un match à élimination directe. Vous l’aurez compris, New-York doit gagner pour conserver sa deuxième place et bénéficier d’un tour de repos ou espérer des contreperformances de ses poursuivants en cas de nul ou défaite. D’un autre côté, Columbus doit l’emporter s’il veut avoir l’avantage du terrain pour son match du premier tour des Playoffs.

Un match de foot dans un stade de baseball

Maintenant que le contexte est posé, entrons dans le vif du sujet. En ce dimanche 22 octobre, le soleil est au rendez-vous à New-York. Comme le Yankee Stadium, le Citi Field se situe en dehors de l’île de Manhattan, le cœur de la ville de New-York. Cependant, une ligne directe qui passe par Manhattan permet de rejoindre facilement cette partie du Queens qui abrite non loin les fameux terrains de tennis de Flushing Meadows, où se dispute l’US Open. Dans le métro, j’aperçois déjà de nombreux fans du New York City FC avec les maillots du club floqués, pour la majorité d’entre eux, du numéro et du nom de David Villa ou d’Andrea Pirlo, les deux superstars de l’équipe entraînée par Patrick Vieira. Affilié au club de Manchester City, le NYCFC arbore la même couleur principale, le « Sky Blue », ainsi que le même sponsor maillot « Etihad Airways ». Cependant, l’équipementier de toutes les franchises de la MLS demeure adidas et non pas Nike. Du coup, des différences subsistent au niveau de la coupe des maillots et du design, surtout pour la tenue extérieure qui propose un imprimé original voire hypnotisant sur le torse.

Une fois arrivé au Citi Field, je descends à peine du métro que j’entends déjà les mélodies d’une fanfare. Ce petit groupe d’une dizaine de personnes, trompettes au bec pour les uns et équipés de tambours pour les autres, met l’ambiance devant l’enceinte du stade en reprenant des mélodies célèbres. Aux abords du stade, on découvre aussi des stands dignes d’une fête foraine avec des buts gonflables avec des cibles à toucher. Bref, c’est déjà la fête, l’entertainement à l’américaine alors que je n’ai même pas encore foulé les travées du Citi Field, une enceinte inaugurée en 2009 et contenant 41 922 places.

Conçu initialement pour le baseball, le Citi Field s’est transformé pour l’occasion en terrain de foot. L’inconvénient, c’est que les tribunes sont construites et placées différemment d’un vrai stade de foot, si bien que certaines tribunes sont assez éloignées du terrain et ne proposent pas une vue optimale pour regarder un match de foot… D’ailleurs, le stade demeure uniquement rempli à moitié (20500 spectateurs ce jour-là), ce qui est logique et à peu près dans la moyenne d’affluence de la MLS qui est de 22 106 spectateurs – une moyenne plus élevée que la Ligue 1, comptabilisée à 21 200 spectateurs en juin 2017. Le problème, c’est que dans une enceinte aussi grande que le Citi Field, on a l’impression que le stade est vide vu que les tribunes supérieures ne sont pas occupées.

Un après-midi au centre commercial

Une fois entré dans l’enceinte, j’ai l’impression d’être dans un centre commercial. Il y a des boutiques et des stands de restauration partout. Il y a des escalators pour nous mener dans les tribunes. Tout est fait pour que le public consomme et passe un bon moment dans le stade avant, pendant et après le match. A vrai dire, le match est juste accessoire pour certains. Il faut savoir que le public qui fréquente les stades de sport aux États-Unis demeure vraiment différent de l’Europe. Aux States, on n’hésite pas à venir en famille, avec les grands-parents et les petits enfants. C’est vraiment comme un après-midi au centre commercial. D’ailleurs les va-et-vient sont incessants pendant le jeu – ce qui est vraiment agaçant quand on est concentré sur le match – pour chercher du pop corn ou une boisson pour les enfants dont certains sont très jeunes. Bref, on est bien loin de ce que l’on connaît en Europe où le public demeure plus fan voire fanatique que simple spectateur ou client. Cependant, les clubs de MLS possèdent aussi leurs clubs de supporteurs. Certains peuvent même être considérés comme des Ultras. Le NYCFC ne possède pas les supporters les plus déchaînés du pays (contrairement aux Portland Timbers par exemple voire ceux du Sounders) mais ceux-ci demeurent bien organisés et bruyants.

Ils ont l’habitude d’être placées derrière les buts et de balancer des fumigènes avec l’accord et la complicité du club. Les risques de débordement sont faibles car bien que bruyants, les Ultras américains ont un comportement décent. Une charte de bonne conduite circule même dans le stade pour que soient dénoncées les personnes ayant un comportement déplacé ou lançant des insultes à l’encontre des joueurs ou du corps arbitral. Ça pour le coup, ça me change vraiment du Parc des Princes que je fréquente depuis mon adolescence. Un match de foot sans insulte dans un stade, ça fait bizarre, croyez-moi !

David Villa frappe deux fois

Bon, et si on en venait au match. A ma grande joie, les stars sont là. J’aperçois David Villa, qui possède de nombreux fans dans le stade dont certains ont fait le déplacement depuis l’Espagne pour le voir (mais aussi pour visiter New-York, hein), et Andrea Pirlo dont la popularité est restée intacte. La maestro italien qui va mettre un terme à sa carrière à la fin de la saison n’est pas titulaire. Patrick Vieira lui préfère Alexander Ring, international finlandais de 25 ans qui a évolué jusqu’ici en Bundesliga. Tant pis pour moi et le public qui l’adule lors de son retour aux vestiaires. Du côté de Columbus Crew, pas de superstars à l’horizon mais c’est l’occasion de découvrir le grand frère de Gonzalo Higuain, Federico qui fait une belle carrière en MLS. Comme pour chaque match du championnat américain, l’hymne national est chanté avant le coup d’envoi du match.

Organisé en 4-3-3, le New-York City FC pose sa patte dès l’entame du match. Le trio d’attaque composé de Villa et de deux ailiers percutants que sont Wallace et Harrison, met particulièrement à mal la défense de Columbus mais sur l’une des nombreuses glissades du numéro 10 argentin, Maxi Moralez, les visiteurs en profite pour contre-attaquer et ouvrir le score après 10 minutes de jeu par l’intermédiaire d’Ola Kamara sur une passe géniale de Federico Higuain au-dessus de la défense. De quoi refroidir le City Field et ravir la cinquantaine de supporters de Columbus Crew ayant fait le déplacement. Heureusement pour les locaux, David Villa enfile une nouvelle fois son costume de héros en égalisant d’une tête au premier poteau (18e) après un corner de Moralez. Le buteur et capitaine de l’équipe parvient même à doubler la mise, son 22e but de la saison, juste avant la pause après un exploit individuel et une petite faute de main de Zach Steffen. Des chants « MVP, MVP, MVP » résonnent dans les tribunes à la gloire d’ « El Guaje », candidat plus que sérieux au titre de meilleur joueur de la saison de MLS.

D’ailleurs, l’ambiance dans le stade est bon enfant et le public semble ravi du spectacle proposé sur le terrain. Certains spectateurs tentent d’entonner des chants de supporteurs mais ceux-ci ne durent jamais longtemps. Heureusement, les Ultras du club maintiennent la bonne ambiance.

Et Villa rata le penalty de la victoire…         

A la mi-temps, la moitié du stade se rend dans les stands de restauration. A la reprise du jeu, la majorité d’entre eux n’est pas revenue à leur place. L’ambiance est plus terne et les locaux s’endorment peu à peu malgré quelques opportunités de creuser l’écart, toujours par Villa. Columbus parvient même à égaliser sur corner, grâce à une tête de l’ancien défenseur de New York City, Josh Williams (58e). La fin du match est électrique. New York pousse pour décrocher une victoire qui lui assurerait une deuxième place. Villa manque de libérer tout un stade sur une reprise acrobatique magnifiquement repoussée en corner par Zach Steffen, en feu en deuxième période. Le portier de Columbus repousse tous les assauts adverses. Alors qu’on approche la dernière minute de jeu, Villa lance Moralez dans le dos de la défense. L’Argentin est fauché par Steffen. L’arbitre décide de faire appel à la vidéo. Tout le monde est debout. Après deux bonnes minutes de visionnage, l’arbitre désigne le point de penalty. La foule s’emballe… Villa, qui peut s’offrir un triplé, s’empare du ballon et s’élance mais Steffen se détend et sort le penalty.

2-2, score final. David Villa, auteur d’un grand match, est abattu. Pourtant, grâce au nul d’Atlanta (2-2 contre Toronto) et à la défaite de Chicago (0-3 contre Houston), le New-York City FC conserve sa deuxième place de la Conférence Est. Patrick Vieira console son joueur et prend la parole pour inciter le public à venir en masse pour le prochain match des Playoffs au Yankee Stadium. Hasard du calendrier, les New-Yorkais affronteront la même équipe de Columbus Crew en demi-finale de conférence Est le dimanche 5 novembre.

C’est donc la fin de mon expérience américaine. Verdict ? J’ai vraiment aimé. Même si le public est moins connaisseur qu’en Europe, l’ambiance générale est très agréable. On passe un très bon moment dans le stade même si la qualité de football joué ne demeure pas au niveau de ce qui se fait en Ligue 1, par exemple. Une bonne équipe de MLS comme New-York a, au mieux, le niveau d’une équipe de milieu de tableau de Ligue 1 et cela malgré la présence de joueurs comme Villa ou Pirlo. D’ailleurs, à ma grande déception, le maestro italien n’est pas entré en jeu. Je n’aurais donc pas eu la chance de voir ses derniers pas en tant que joueur professionnel. Tant pis, je repars tout de même avec des souvenirs plein la tête, à défaut d’en avoir plein la valise. En effet, même si la MLS est moins populaire que la NBA ou la NFL, les produits dérivés sont vendus quasiment au même prix : à savoir quasiment 100 dollars pour un maillot, 40 dollars pour une casquette, 40 dollars pour un t-shirt à l’effigie du club, etc. Ce qui est un peu élevé à mon goût compte tenu de la notoriété et du niveau des équipes.

En tout cas, je ne boude pas mon plaisir d’avoir assisté à une expérience unique. Un match de foot à la sauce américaine. Et entre nous, j’en reprendrais bien un morceau !



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