Chaussures de foot

Predator Freak : « On veut être provocant, attirer l’attention des spectateurs » Artur Markowski, responsable produit chez adidas

Publié le 23/01/2021 Mis à jour le 08/02/2021

Depuis le lancement de la Predator Freak, beaucoup de questions se posent autour de cette fameuse technologie Demonskin et de son intérêt. Pour en savoir plus, on discute avec Artur Markowski, responsable produit chez adidas.

Depuis son arrivée sur la Predator Mutator en janvier 2020, le Demonskin intrigue beaucoup de joueurs de foot. Ces écailles en caoutchouc visibles sur la tige du silo Predator sont pourtant la signature visuelle de la nouvelle génération de ce silo. Une fois de plus modifiée avec l’arrivée de la Predator Freak ces derniers jours, cette technologie offre pourtant des garanties en terme de toucher de balle. Pour en savoir plus sur cette innovation et pour mieux comprendre tout ce qui se passe autour de la gamme Predator depuis quelques temps maintenant, nous avons eu l’occasion de discuter avec Artur Markowski, responsable produit chez adidas, et en première ligne de cette Predator Freak.

C’est quoi un joueur Predator ?

C’est un joueur qui veut apporter du contrôle sur le terrain. On a bien évidemment Paul Pogba qui représente parfaitement ce joueur et ce silo. Là où on essaie d’aider ces joueurs, c’est en augmentant leur niveau de contrôle, jusqu’à un niveau surhumain. Et ça avec le petit plus de la Predator, le Demonskin.

Justement, ce Demonskin, c’est l’argument numéro 1 de la Predator. Après maintenant un an d’usage par les joueurs, quels sont leurs retours ?

On sait que les joueurs font le choix de ce silo grâce à la présence du Demonskin car c’est le principal USP (USP est l’acronyme pour Unique Selling Proposition ou argument clé de vente). Quand on a commencé à designer cette chaussure, on s’est posé la question de savoir comment l’amener à un niveau supérieur. On est parti de la précédente Predator, la Mutator et on s’est alors demandé comment améliorer le positionnement des picots, leur orientation pour encore améliorer leur rendement et leur efficacité.

« C’est une grande responsabilité de modifier un silo comme celui-ci »

Alors pourquoi avoir fait le choix de renforcer ce Demonskin notamment avec le placement sur le coup de pied ?

On sait qu’avec la Predator on travaille le contrôle mais aussi le brossage de la balle. On a alors voulu que quelque soit la manière dont le joueur frappait le ballon il allait pouvoir bénéficier des avantages offerts par le Demonskin. On a donc augmenté la surface couverte par la technologie et changé le positionnement et l’orientation des reliefs pour avoir contrôle et effet dans toutes les situations. Il y a d’un côté ce gain de performance, mais c’est aussi un choix esthétique radical. On veut être provocant, attirer l’attention des spectateurs.

Une autre particularité de ce modèle 21, c’est le col à l’arrière. Pour l’avoir testé, il est effectivement très haut mais aussi très confortable. Quelles sont les différences entre le col 20 et 21 ?

Alors la matière est plutôt équivalente mais c’est vrai que sa construction diffère grandement. C’est maintenant un col en deux parties que l’on retrouve sur la chaussure, ce qui amène une dimension « mécanique » à ce col. Vous allez pouvoir saisir l’arrière et l’avant de ce col séparément pour faciliter l’enfilage de la chaussure mais aussi avoir un bon maintien de la cheville. Donc vous obtenez de la souplesse par le matériau et par la construction du col. C’est une première dans le foot une telle construction. C’est toujours une « mid-cut » chaussure, mais avec un visuel inédit.

Quand vous décidez d’apporter des modifications à une chaussure comme la Predator, quel est le poids de l’héritage dans la réflexion ?

C’est toujours quelque chose qu’on a à l’esprit car c’est une grande responsabilité de modifier un silo comme celui-ci. C’est donc toujours un équilibre à trouver entre romantisme, nostalgie du silo et recherche de modernité et d’avant-gardisme. Il y a des éléments avec lesquels on ne déroge pas comme la place des trois bandes ou la recherche de contrôle propre à la Predator. Il en va de même avec la recherche de singularité.

On a vu de nombreuses rééditions chez adidas ces dernières années. Pourquoi un tel attrait pour le retro ?

Comme évoqué plus tôt, il y a de l’amour et un fort héritage dans ce silo. On a maintenant presque trois générations qui ont grandi avec cette chaussure et on veut que tout le monde s’y retrouve. Autre chose à noter, c’est que dans toutes ces rééditions, le visuel est rétro mais on ne transige pas avec les technologies. On a par exemple une empeigne avec un design vintage mais une semelle ControlFrame. C’est donc toujours un design rétro avec des performances actuelles.

« Nous sommes dans une position de leader et nous voulons lancer les modes et non les suivre »

Que peut-on attendre des chaussures de foot dans le futur ? Le PrimeBlue pourrait-il par exemple débarquer comme sur l’UltraBoost 21 ?

La durabilité est un engagement de la marque, c’est quelque chose que l’on prend au sérieux. On reste aussi très attentif à l’évolution du jeu, à l’attitude des joueurs. Il y aura donc peut être des ajustements à la manière dont les chaussures sont conçues, mais la performance restera toujours au centre de la réflexion, à 100%, pour délivrer le meilleur aux joueurs. Vous ne verrez jamais sur une chaussure un élément qui ne fait pas sens dans cette recherche de performance.

Ces dernières années adidas a adopté un calendrier de renouvellement de silo tous les deux ans. Peut-on s’attendre à des surprises de côté et notamment pour la Predator 22 ?

Si je vous le disais maintenant ce ne serait plus une surprise ! Maintenant vous savez qu’on a l’habitude de surprendre donc restez vigilants, ça pourrait venir plus vite que prévu.

Aujourd’hui, la protection de l’environnement est un sujet majeur. Quelles sont les actions que vous menez pour obtenir une chaussure la plus « verte » possible ?

Tout d’abord il faut de l’efficacité dans le processus de développement et de production pour éviter le gâchis de matière lors de ces étapes. C’est central dans notre réflexion. Tout comme le choix des matériaux. On ne perdra pas de vue ces problématiques de si tôt.

Dernière question. Votre travail c’est d’anticiper les besoins de demain pour créer maintenant la chaussure qui sera portée dans deux ou trois ans. Quel est ce futur chez adidas ?

Encore une fois je ne veux pas trop en dire mais il y a quelques tendances qu’on veut développer et quelques innovations inattendues que nous voulons apporter sur le marché. Gardez un œil là-dessus ! Nous sommes dans une position de leader et nous voulons lancer les modes et non les suivre (Les premiers ne suivent personne). Je ne vous dirai pas ce qui arrive mais tenez-vous prêts.

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1 commentaire

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David

Publié le 25 janvier 2021 à 21 h 00 min

Vraiment bien l’interview pour mieux comprendre l’idée même de créer une paire de crampons, son évolution technique du début à la fin de sa conception et l’idée d’allier, à la base, technicité et conception « actuelle » (grâce aux matériaux de l’époque).
Belle idée d’interview à garder pour d’autres thèmes Thomas !
Victor toujours au top pour la démo vidéo !

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