06 Jan 2016
L’étude annuelle menée par footpack sur les équipementiers en Ligue 1 révèle une double dynamique : d’un côté, une redistribution des cartes du côté des maillots, avec l’émergence de nouveaux acteurs ; de l’autre, un quasi-monopole sur les chaussures de football, dominé par Nike et adidas. Si la bataille des crampons tourne largement à l’avantage de Nike, celle des maillots est plus ouverte avec l’arrivée remarquée de marques comme Macron, Le Coq Sportif ou Joma. Un paysage en constante évolution, entre fidélité historique, stratégies de niche et conquête de parts de marché.
Nike continue de creuser l’écart en Ligue 1. Avec 58 % des joueurs équipés, la marque américaine accentue sa domination par rapport à la saison 2012/2013, où elle équipait 43 % des joueurs. Adidas, autre géant du secteur, subit un recul notable et chute à 38 % (contre 49 % trois saisons plus tôt). Ensemble, les deux marques se partagent 96 % du marché, réduisant les parts restantes à une poignée d’acteurs marginaux comme PUMA, Kipsta, Asics ou Mizuno. Des marques reconnues comme Umbro, Lotto ou New Balance sont absentes des terrains de Ligue 1, preuve de la concentration extrême du marché.
Le modèle X15 d’adidas rafle la mise avec 121 joueurs, grâce à une stratégie de simplification des gammes lancée en 2015. L’autre silo, l’ACE15, séduit également 45 joueurs. Chez Nike, la gamme Mercurial reste ultra-dominante avec 142 joueurs si l’on regroupe les variantes Vapor et Superfly, malgré leur traitement distinct dans l’étude en raison de leurs spécificités techniques. Nike place 7 modèles dans le top 10, preuve de sa force de frappe produit. À noter également, un engouement récent pour la nouvelle Tiempo Legend, qui gagne du terrain dans les semaines précédant l’étude.
Bien que peu détaillée dans l’étude, une tendance se dessine dans le choix des modèles selon les profils de joueurs. Les crampons Nike Mercurial, conçus pour la vitesse et les changements de direction rapides, séduisent naturellement les attaquants et les ailiers. À l’inverse, les modèles comme la Nike Tiempo ou l’adidas ACE15, pensés pour le confort, le contrôle et la précision, trouvent leur public chez les défenseurs et milieux plus axiaux. Les rares porteurs de marques alternatives comme Mizuno ou Asics sont souvent des profils atypiques ou expérimentés, à l’instar de Thiago Motta ou Paolo De Ceglie.
L’écosystème des maillots de Ligue 1 est en pleine mutation. Si Nike et adidas représentaient ensemble 50 % du marché la saison passée, leur part a chuté à 40 % cette saison, conséquence de l’arrivée de trois nouveaux acteurs :
Macron, qui fait son retour via le Gazélec Ajaccio
Le Coq Sportif, de retour à Saint-Étienne dans un clin d’œil à son histoire
Joma, qui a récupéré Toulouse au détriment de Kappa
Kappa, d’ailleurs, mise sur une stratégie de présence dans les « petits clubs » (Angers, Troyes, Bastia), lui offrant une belle visibilité malgré des résultats sportifs disparates. D’autres mouvements sont attendus : Hungaria fera son retour avec Reims, New Balance remplacera Nike à Lille, et Nice et Guingamp pourraient aussi changer de fournisseur. Le marché est donc plus ouvert et concurrentiel que jamais.