08 Fév 2019
Chaque saison, les pelouses de Ligue 1 deviennent le théâtre d’une compétition parallèle : celle des équipementiers. Entre Nike, adidas, PUMA et d'autres challengers, les maillots et les chaussures portés par les joueurs racontent une histoire stratégique, marketing et parfois même symbolique. La saison 2018/2019 marque un tournant dans cette bataille avec des changements notables dans la hiérarchie des marques, à la fois sur les maillots et aux pieds des joueurs. Si Nike domine encore, la montée d’adidas et l’offensive de PUMA redistribuent partiellement les cartes.
08 Fév 2019
21 Mai 2019
08 Août 2018
07 Août 2018
Si Nike reste en tête au classement des crampons portés en Ligue 1, l’écart avec son rival historique adidas se réduit fortement. En une saison, la marque aux trois bandes passe de 28% à environ 38% de parts de marché, tandis que Nike recule à 54,7%, son niveau le plus bas en trois ans. Derrière ce duel, PUMA reste stable, tandis que des marques comme Mizuno, Lotto, Kipsta et Under Armour font de la figuration, chacune étant représentée par seulement un ou deux joueurs. Cette dynamique témoigne d’un rééquilibrage progressif au sommet du marché des crampons.
Malgré un recul significatif, la Nike Mercurial Vapor reste le modèle de chaussure le plus porté en Ligue 1 avec 81 ambassadeurs, bien que cela représente 22 joueurs de moins que l’année précédente. Le silo Mercurial dans son ensemble (Vapor + Superfly) perd 48 utilisateurs. La progression spectaculaire de l’adidas X18.1, qui gagne 22 porteurs supplémentaires, lui permet de se hisser au deuxième rang. Autre fait marquant : la Predator, également d’adidas, confirme son retour, notamment chez les gardiens. Chez Nike, le silo Tiempo, traditionnellement destiné aux défenseurs, chute de 26 places. PUMA fait une entrée remarquée dans le top 10 avec ses modèles Future et One, grâce à une stratégie plus ciblée.
Si Nike perd du terrain en volume, elle conserve l’avantage qualitatif grâce à une stratégie centrée sur les joueurs stars. La preuve : Mbappé, Cavani et Neymar, les trois membres de la MCN du PSG, sont tous équipés par la marque au Swoosh, représentant à eux seuls 47 des 67 buts du club à mi-saison. Ce coup de projecteur renforce la visibilité mondiale de Nike. À l’inverse, adidas et PUMA misent davantage sur la diversité de profils dans des clubs moins médiatisés pour assurer leur présence. Une opposition de stratégie claire : visibilité vs profondeur.
Bien que souvent contestée, la spécialisation des modèles selon les postes se confirme dans les chiffres. Les gardien·nes privilégient les Predator d’adidas (18 porteurs), les défenseurs optent majoritairement pour la Nike Tiempo Legend, tandis que les ailiers et attaquants sont friands des modèles de vitesse, comme la Mercurial Vapor de Nike ou la X18.1 d’adidas. Ce phénomène, s’il n’est pas absolu, traduit une logique fonctionnelle dans le choix des chaussures par poste.
Pour la première fois depuis quatre ans, Nike n’est plus le numéro un des maillots en Ligue 1. L’équipementier américain cède son trône à PUMA, bien aidé par l’arrivée de l’Olympique de Marseille dans son portefeuille clubs, ainsi que par les signatures d’Amiens et de Nîmes. Résultat : cinq clubs sont désormais habillés par la marque au félin bondissant, contre trois pour Nike (PSG, Monaco, Montpellier). Adidas, de son côté, chute à seulement deux clubs sous contrat, au même niveau que New Balance. Huit autres équipementiers se partagent le reste du championnat, reflétant une diversité encore marquée, même si la tendance va vers une concentration autour des gros acteurs.