Maillots de foot

Vers un équipementier unique en Super League comme en NBA ?

Publié le 20/04/2021

Depuis quelques heures, la Super League est au coeur de l'actualité. Sur footpack, on se penche sur ce que ça pourrait donner côté équipement.

Que vous soyez pour ou contre la Super League, le fait est que depuis ce dimanche, l’arrivée prochaine de la nouvelle grande compétition européenne est le sujet majeur des passionnés de football. Outre les discussions qui vont s’enclencher entre les différents partis et les histoires politiques qui vont se jouer dans les prochaines heures, on a voulu regarder ce qui pourrait se passer du côté de l’équipement avec cette Super League.

Et si les clubs fondateurs et les dirigeants de la Super League allaient encore plus loin que le projet déjà présenté et instauraient un équipementier unique comme c’est par exemple le cas du côté de la MLS ou de la NBA ? Une hypothèse qui ne semble pas aujourd’hui dans les discussions mais qui est pourtant loin d’être anodine puisqu’elle irait tout simplement dans la direction de cet écosystème à part entière que souhaitent ces clubs fondateurs de la Super League.

Quels sont les championnats avec un équipementier unique dans le foot ?

Partout en Europe, chaque club a la possibilité de choisir la marque qu’il souhaite pour concevoir ses maillots de foot. Mais quand on dépasse les frontières du Vieux Continent, la donne n’est pas toujours la même. Outre la plupart des championnats aux États-Unis (MLS, NBA, NFL, etc…), la notion d’équipementier unique existe également ailleurs dans le Monde. Au Canada par exemple, c’est la marque Macron qui est derrière la conception des maillots des différents clubs tandis que depuis 2009 et du du côté de la Chine, c’est Nike qui est l’équipementier unique de la Chinese Super League. Deux pays qui pourraient prochainement être rejoint par le Mexique puisque les dirigeants de la Liga MX réfléchissent eux aussi à l’arrivée d’un sponsor commun à l’ensemble des équipes du championnat. Un volonté portée par le président de la Liga MX, Mikel Arriola, qui affirmait « J’ai des preuves et je suis sûr que cela nous fera gagner plus d’argent qu’aujourd’hui » dans une interview à ESPN Desportes.

Un équipementier unique, ça sert à quoi ?

Mais alors pourquoi les américains ont un équipementier unique dans chaque sport ou presque ? Et pourquoi ailleurs dans le Monde et en particulier en Europe, personne n’utilise ce système ? Bien plus que le simple fait de simplifier les échanges des différents clubs avec un seul interlocuteur ou d’offrir une certaine uniformité aux maillots, l’ambition première d’une telle pratique est forcément d’ordre financière. « Ensemble, on est plus fort » voilà ce qui pourrait résumer la pertinence d’un équipementier unique. À l’image d’un grossiste dans le commerce, en s’associant les clubs ne négocient en effet plus chacun de leur côté mais c’est l’entité globale qui se retrouve au centre des échanges. De quoi offrir une force de frappe largement supérieure qui fait forcément pression sur les négociations et qui permet d’obtenir de meilleures offres pour tous.
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Les maillots des clubs de Premier League s’ils étaient chez adidas (Graphic UNTD)

Mais ce qui ressort également de la mise en place d’un équipementier unique dans le sport américain et chez ceux qui ont déjà mis cela en place, c’est la notion de partage et de redistribution des richesses. Faire prévaloir l’intérêt du groupe avant les enjeux personnels est quelque chose qui est important dans le monde du sport aux États-Unis et qui est même viscéralement ancré dans l’ADN des championnats et des clubs. Ainsi en MLS, la somme versée annuellement par adidas en tant que sponsor principal est redistribuée de façon égale à l’ensemble des 27 franchises du championnat Nord-Américain. Une chose assez inconcevable en Europe puisqu’aujourd’hui, chaque club négocie de son propre chef ses intérêts. Cela occasionne forcément de larges différences de revenus entre les entités puisque dans un même championnat comme la Ligue 1 par exemple, le PSG va posséder un contrat valorisé avec Nike à près de 90 millions d’Euros quand celui qui lie PUMA à l’Olympique de Marseille oscille autour de 13 millions d’Euros. Si cette pratique a pour conséquence directe de continuer à creuser l’écart financier entre les « petits » et les « gros » dans les championnats nationaux, elle est aussi le reflet d’une vérité marketing puisque si l’on reprend l’exemple du PSG et de l’OM, le club de la capitale vend plus d’un million de maillots depuis quelques années quand l’équipe phocéenne en écoule « seulement » 300 000 en moyenne. Difficile alors d’expliquer aux clubs que celui qui vendra moins de maillot profitera des bons scores de ceux qui en vendent plus.

De son côté la Super League semble déjà en accord avec cette notion de répartition des richesses puisque selon les premières informations financières autour de cette nouvelle compétition, la somme de 3,25 milliards d’Euros engagée par la banque JB Morgan Chase devrait être équitablement redistribuée de manière égale à l’ensemble des acteurs.

Plus d’1 milliard par an pour les maillots de Super League ?

Mais alors, est-ce qu’un équipementier unique pourrait être une solution envisageable pour la Super League ? Basée sur le même modèle que la NBA ou la MLS avec une sorte de Ligue fermée et des clubs qui ne peuvent jamais en sortir, la Super League a également le mérite de rassembler la plupart des meilleurs vendeurs de maillots dans le Monde et une partie du Top 10 des clubs avec le plus gros contrat d’équipementier.

En s’adossant à une seule marque qui deviendrait le partenaire technique officielle, l’entité Super League pourrait forcément tirer des bénéfices d’une telle stratégie puisqu’il vous suffit simplement d’imaginer à quoi pourrait ressembler la table des négociations quand une marque se verrait proposer de devenir l’équipementier de club comme le Real, le Barça, Man United, la Juventus ou encore Liverpool. Aujourd’hui sous la houlette de différentes marques, ces clubs seraient alors une force de frappe incroyable pour un équipementier et un tel accord aurait pour conséquence de ne laisser que des clubs de second niveau pour les autres acteurs du marché. Oui mais voilà, devenir l’équipementier d’un club à un coût. Alors devenir l’équipementier officiel et unique d’une organisation regroupant une partie des clubs les plus prestigieux pourrait devenir un casse-tête financier. Si l’on ne prend en compte que les douze clubs qui ont été annoncés comme « membre fondateur » de la Super League, le total des accords actuels avec un équipementier monte à plus de 800 millions d’Euros au global. Si à cela, il faut rajouter encore trois clubs en plus des cinq qui seraient invités ou qui devront se qualifier, la note pourrait facilement grimper à plus d’1 milliard d’Euros par an !

Nike, adidas, PUMA : Qui pourrait tenter le coup en Super League ?

En se basant sur les éléments énoncés plus haut, la stratégie de groupe pourrait être également l’occasion pour les membres de la Super League de négocier à la hausse le montant global d’un accord avec un partenaire unique. Mais à quel point ? 1,5 milliard d’Euros ? 2 milliards d’Euros ? Qui pourrait mettre une telle somme sur la table ? À titre de comparaison, Nike s’est engagé avec la NBA dans un accord d’1 milliard d’Euros … sur huit ans quand adidas ne verse que 116 millions d’Euros par saison pour équiper les 27 franchises de Major League Soccer. Si adidas semble hors-jeu de part sa relation historique avec la FIFA et l’UEFA, Nike et PUMA pourraient-ils être en mesure d’une telle folie ? À ce jour, difficile de croire à un tel scénario sur le sol européen. Des questions se posent encore. Par exemple, comment les cinq clubs « pistons » seraient gérés avec un contrat unique ?

Difficile donc de savoir qui pourra se passer du côté des équipements en Super League. En se basant sur un principe proche des valeurs du sport américain, la nouvelle compétition menée par une partie des grands clubs européens pourrait parfaitement avoir fait un pas en avant vers une uniformisation de ses équipements. On en saura peut-être plus dans les semaines ou les mois à venir lorsque les contours de cette Super League seront connus de tous.

1 commentaire

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arnaud

Publié le 20 avril 2021 à 22 h 37 min

Bonsoir, dans les années 90, 93-94 je crois l’ex L1, la D1 française avait voulu faire se système avec adidas et d’équipemetier unique, mais cela n’a pas fonctionner à long termes, cela a dû durer 1,2 saisons seulement

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