Sur les pelouses de Ligue 1 et Ligue 2, un détail a rapidement sauté aux yeux ce week-end. Au dos des maillots des différents clubs, les noms habituels avaient disparu. À leur place, des prénoms. Une modification visible, mais dont la signification n’était pas forcément évidente au premier regard.
Un flocage inédit pour mettre en avant des victimes
À l’occasion de la 31e journée de Ligue 1 et de la 32e journée de Ligue 2, la Ligue de Football Professionnel (LFP) a mis en place un dispositif de flocage particulier. En effet, les joueurs ont troqué leur nom pour celui d’une personne victime de discrimination. Au total, 34 prénoms ont été sélectionnés en collaboration avec plusieurs associations, dont la Licra, Her Game Too et Foot Ensemble. Tous sont issus de témoignages réels, liés à des situations de sexisme, racisme, homophobie ou antisémitisme.
L’idée est simple : remplacer un message générique par une incarnation directe. Chaque prénom renvoie à une personne, à une expérience. Le flocage devient alors un support pour rendre visible des situations souvent peu exposées. Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des campagnes menées ces dernières saisons, tout en modifiant la forme. Le flocage arc-en-ciel, utilisé précédemment pour la lutte contre l’homophobie, disparaît au profit d’un message élargi, regroupant plusieurs formes de discrimination.
Le Havre et l’OM, deux situations spécifiques
Si la majorité des clubs ont suivi le dispositif proposé, certaines situations ont apporté des nuances dans son application.
C’est le cas du Le Havre AC, qui a choisi de ne pas utiliser ce flocage. Lors de la rencontre face à Metz, les joueurs ont conservé leur nom habituel. Le club a préféré mettre en avant une autre cause, en affichant sur le maillot le logo de la Maison des femmes, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Un choix assumé par le président Jean-Michel Roussier, qui refuse de faire porter aux joueurs des messages individualisés. Dans cette logique, les maillots portés lors du match seront ensuite vendus aux enchères, avec des fonds reversés à l’association.
Autre cas, celui de l’Olympique de Marseille. Le club a bien intégré le flocage avec les prénoms issus de la campagne mais sur ce match, les joueurs portaient également le nom d’un membre du Peuple Bleu&Blanc, la communauté officielle des supporters du club. Résultat : deux identités cohabitaient sur un même maillot. Une configuration qui interroge sur la lisibilité du message initial, partagé entre engagement sociétal et activation propre au club.
Entre le dispositif centralisé de la LFP, le refus du Havre et l’approche hybride de Marseille, plusieurs lectures coexistent. Le flocage, élément technique du maillot, se transforme en espace de communication. Une évolution qui confirme que, sur et en dehors du terrain, chaque détail du maillot peut désormais porter un sens.
Publication
- Publié le : 27/04/2026 à 15:37
- Mis à jour le : 27/04/2026 à 15:37
