Dans l’histoire des chaussures de foot, il y a plusieurs catégories. Il y a les modèles qui sont passés et dont personne ne se souvient, ceux qu’on a portés et qui nous ont forcément touchés, et ceux qui ont laissé une trace indélébile, qu’importe si l’on a un jour eu l’occasion de jouer avec. Dans cette dernière catégorie, on retrouve la Predator, la COPA Mundial, la Mercurial, la Magista mais aussi la Hypervenom. Pendant près de cinq ans (2013-2018), cette paire dédiée aux attaquants a beaucoup fait parler et, encore aujourd’hui, certains sont nostalgiques.
@footpackfr La meilleure paire de ces dernières années ? 🧐 Il y a quelques jours, on vous présentait les coloris historiques de la @Nike Hypervenom. Quelques jours plus tard, on vous propose de vous replonger dans l’histoire du modèle de la marque américaine, qui a marqué les esprits de 2013 à 2018 🔥 💬 Tu aimerais voir quel joueur actuel porter la Hypervenom ? #sportstiktok #football #neymar #nike #hypervenom ♬ Instrumental R&b – Teaga
Nike Hypervenom : genèse d’un modèle pensé pour les attaquants
Plus de 10 ans après son introduction, nous savons que la Nike Hypervenom a marqué les esprits des pratiquants. Pourtant, quand Nike annonce en 2013 la fin de la série Total 90 et l’arrivée d’un nouveau silo, c’est un sentiment d’incompréhension qui règne. Pourquoi donc arrêter une ligne aussi populaire et historique que la Total 90 ? Et comment la Hypervenom pourrait-elle concurrencer et remplacer cette paire ?
« La Nike Hypervenom est une réponse à la façon dont le jeu est en train de changer. Les joueurs veulent être plus rapides, et pas seulement dans une accélération, mais plus rapides avec le ballon à leurs pieds dans les petits espaces. Ils veulent créer des occasions à partir de rien. L’Hypervenom est conçue pour faire exactement cela. »
Degan Dekovic, Nike Designer
Pour comprendre la stratégie de Nike de l’époque, il faut revenir sur le positionnement des chaussures de foot de façon globale. Avant les années 2010, les différentes marques du marché positionnaient leurs modèles en suivant quatre critères : puissance, contrôle, vitesse, confort. Ainsi, chaque modèle correspondait à un de ces éléments. Mais avec l’apparition de la Nike Hypervenom, la marque américaine a totalement rebattu les cartes avec un parti pris autour de l’agilité.
Destinée principalement aux attaquants, la paire s’est directement imposée aux pieds des plus grands buteurs de la planète foot : Gonzalo Higuaín, Zlatan Ibrahimović, Wayne Rooney, Robert Lewandowski l’ont immédiatement adoptée, tout comme Neymar Jr, qui en est devenu l’ambassadeur majeur. Alors que Cristiano Ronaldo prenait toute la lumière chez Nike et incarnait la Mercurial, le positionnement de Neymar devait venir contrebalancer cette hégémonie.
Hypervenom I (2013) – Une révolution immédiate
Dévoilée en mai 2013, la première génération de la Nike Hypervenom s’est distinguée par deux éléments : sa couleur et ses technologies. Inspirée par la teinte des boîtes de chaussures Nike, le mélange orange/noir du coloris de lancement de la Hypervenom avait séduit.
Mais plus qu’une chaussure esthétique, la Hypervenom I s’est surtout démarquée par la présence de technologies novatrices, notamment le NikeSkin. Positionnée au niveau de la tige, cette technologie s’apparentait à une seconde peau. Ultra légère, elle enveloppait le pied pour un ressenti au plus proche du ballon. Jamais amélioré depuis et toujours utilisé par Nike en 2025, le NikeSkin a sans doute été l’un des éléments les plus pertinents de l’histoire de la Hypervenom.
Outre la tige, la semelle de la Hypervenom I était également novatrice puisque la nouvelle plaque proposait une meilleure répartition du poids, en plus de différentes lignes de flexion qui permettaient d’éviter que des tensions se produisent.
Parmi les coloris les plus emblématiques de cette première génération de la Nike Hypervenom, on retiendra la version rouge/jaune utilisée durant la Coupe du Monde 2014, la dorée utilisée par Neymar durant la phase finale et le coloris argenté « Liquid Diamond », qui était la signature shoe de Neymar en janvier 2015.
Hypervenom II (2015) – Le virage du col Dynamic Fit
Deux ans après son arrivée dans la gamme Nike, la Hypervenom se dévoile sous une nouvelle version sobrement baptisée Nike Hypervenom II. Pour cette évolution, la marque américaine prend le pari d’intégrer le nouveau col Dynamic Fit, déjà présent sur la gamme Mercurial ainsi que sur la Magista, mais aussi les câbles Flywire au niveau de la tige. Visibles à l’extérieur de la paire mais intégrés au niveau du laçage, ces câbles agissaient comme une ceinture de sécurité qui permettait d’envelopper le pied et surtout de le verrouiller dans la chaussure.
Mais le changement le plus marquant reste la modification du NikeSkin avec l’apparition de stries sur l’avant, au niveau des zones où le contact avec le ballon est le plus fréquent. Un changement qui ne plaît pas aux joueurs incarnant le modèle, puisqu’ils trouvent la tige trop épaisse par rapport à la première génération.
Seulement un an après la sortie de la Hypervenom Phantom II, et sans la moindre prise de parole à ce sujet, Nike réintègre donc la tige NikeSkin première génération sur la Hypervenom dévoilée juste avant l’Euro 2016.
C’est le début d’une histoire tragique pour la Hypervenom. En effet, le changement entre les deux générations aura suscité beaucoup de déception, notamment chez les joueurs pros. L’exemple le plus marquant reste Neymar Jr puisque, malgré son statut d’ambassadeur de la gamme, le joueur a évolué durant plusieurs mois avec une paire de Nike Mercurial maquillée en Hypervenom. Un choix stratégique pour la marque américaine afin de conserver son joueur tout en prenant en compte le fait qu’il ne voulait plus jouer avec la Hypervenom, sans pour autant montrer au monde que l’ambassadeur principal de la gamme n’était plus en adéquation avec la paire.
Hypervenom III (2017) – L’ultime version
Quatre ans après son arrivée, la série Hypervenom se cherche toujours. Trop proche de la Mercurial et de la Magista, la Nike Hypervenom a besoin d’une forte identité. C’est donc avec un sentiment assez étrange que la Hypervenom III se dévoile en janvier 2017 avec l’ambition de devenir LA chaussure des buteurs. Désormais incarnée par des joueurs comme Cavani, Rashford ou encore Kane, mais aussi portée par un certain Kylian Mbappé, la Hypervenom 3 débarque avec une tige où le NikeSkin d’origine rencontre le Flyknit !
De plus, la semelle change encore et la marque américaine lance la technologie Hyper-Reactive, qui fait de la plaque de la Hypervenom une version ultra souple et extrêmement dynamique. À l’image de la Hypervenom II, deux versions de la Hypervenom III existeront : l’une avec le col Dynamic Fit, l’autre sans.
Son arrêt et son remplacement par la Phantom Venom (2018)
Pourtant, 18 mois après la sortie de la troisième génération, et au même titre que la Magista qui était elle aussi légendaire, la Hypervenom disparaît de la gamme de crampons Nike Football. Les deux modèles sont ainsi remplacés par la Phantom Vision et par la Phantom Venom.
De quatre silos (Magista, Hypervenom, Mercurial, Tiempo) à la Coupe du Monde 2018, Nike réduit ainsi son champ d’expression à trois gammes qui incarnent des valeurs différentes et complémentaires : la Mercurial pour la vitesse, la Tiempo pour le confort, la Phantom pour l’agilité.
À travers ses cinq années de présence au sein de la gamme Nike Football, la Hypervenom aura donc laissé un fort héritage. Et ce qui renforce aujourd’hui la réputation de la gamme Hypervenom, c’est aussi l’échec relatif des générations qui ont suivi la toute première. Ainsi, la Nike Hypervenom I est devenue culte grâce à son confort unique, porté par la présence du NikeSkin et l’équilibre général de la paire.
Publication
- Publié le : 19/05/2025 à 17:58
- Mis à jour le : 19/05/2025 à 14:58
