La Coupe du Monde 2010 ne rappelle pas de beaux souvenirs aux Français. Mais derrière le drame de Knysna se cache l’une des plus grandes histoires modernes de la Coupe du Monde.
La quête de la sphère parfaite
Un cauchemar pour certains, une révolution pour d’autres. Créé par adidas à l’occasion de la Coupe du monde en Afrique du Sud, Jabulani a pour ambition de faire du ballon de la compétition le plus rond de l’histoire du football.
Habituellement, un ballon est composé de 20 hexagones et 12 pentagones, ce qui en fait un total de 32 panneaux cousus à la main. Dans sa mission de créer la sphère parfaite, adidas réduit le nombre de panneaux par quatre, pour en faire un ballon à seulement 8 panneaux thermocollés en 3D. Ce processus de révolution avait déjà été entamé quatre ans plus tôt, lorsque le ballon du Mondial 2006 n’était composé que de 14 panneaux, ce qui avait suscité plusieurs critiques quant à la trajectoire flottante du ballon lors de certaines frappes.
Le début des polémiques
Dès les premiers matchs avec ce ballon, les gardiens se plaignent et déclarent qu’il n’est pas adapté à une compétition de haut niveau.
Embed from Getty ImagesGianluigi Buffon : « C’est une honte de jouer une compétition aussi importante avec un tel ballon. Il est imprévisible. »
Certaines erreurs de gardiens, dont celle de Robert Green, gardien anglais, montrent des trajectoires anormales du ballon. Ce phénomène s’est accentué lors de certains matchs en haute altitude, où la diminution de la densité de l’air a conduit à des frappes qui partaient plus vite sans ralentir. Le niveau de jeu a été impacté, les passes et les centres ne trouvant souvent pas preneur.
Peu de joueurs ont su profiter de ce ballon. Mais Diego Forlán, attaquant uruguayen alors à l’Atlético Madrid, avait demandé à adidas de lui envoyer des ballons à l’avance afin qu’il puisse comprendre leurs réactions lors de séances d’entraînement spécifiques en club. Ces heures de travail en amont lui vaudront, à l’été 2010, quelques buts mémorables.
Embed from Getty ImagesUn échec dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui
Aujourd’hui, le Jabulani reste l’un des ballons préférés des collectionneurs mais aussi des joueurs de Footgolf ! En cherchant la perfection, le ballon s’est finalement transformé en un élément impactant négativement le jeu des équipes. Si le ballon de cette Coupe du Monde 2026 ne semble pas exercer d’influence sur le jeu, il restera à jamais un élément scruté tous les quatre ans, afin de ne pas reproduire le fiasco de 2010.
Publication
- Publié le : 24/06/2026 à 11:47
- Mis à jour le : 24/06/2026 à 11:47
