Longtemps considéré comme un simple espace décoratif, l’emplacement des manches est devenu l’un des postes commerciaux les plus stratégiques du maillot de football. En Premier League, la bataille fait rage, et certains clubs en tirent des dizaines de millions de livres chaque saison.
Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Jusqu’en 2017, les clubs anglais affichaient un second badge Premier League sur la manche gauche de leur maillot, faute d’espace commercial ouvert à cet endroit. Les clubs ont fini par voter la suppression de ce badge pour libérer un nouvel espace publicitaire, alors estimé à jusqu’à 10 millions de livres supplémentaires pour un club comme Manchester United, soit environ 20% des revenus publicitaires générés par un maillot. Un choix qui a ouvert la voie à ce qui est aujourd’hui l’un des postes les plus disputés du sponsoring maillot.

Les manches de maillot : un marché qui a explosé, avec United en tête
Pour la saison 2026-2027, Manchester United domine largement ce classement grâce à son accord avec le spécialiste du paiement SumUp, à hauteur de 22 millions de livres par an, un record historique pour ce poste en Premier League, qui remplace l’ancien contrat avec DXC Technology (20M£/an) et couvre les équipes masculine, féminine et académie du club.
Manchester City suit avec OKX (20M£/an), devant Arsenal et son contrat avec Deel (18M£/an, pouvant grimper jusqu’à 25M£ avec bonus de performance), qui a remplacé un partenariat de huit ans avec Visit Rwanda. Liverpool et Tottenham complètent le haut du classement avec 15M£/an chacun, respectivement via Expedia et Kraken. Plus loin, Newcastle (noon, 7,5M£), Everton (Stake, 6M£) et Aston Villa (Betano, 6M£) montrent que même en dehors du top 5, cet espace reste largement monétisé.
À titre de comparaison, ces chiffres restent malgré tout loin du deal manche du Real Madrid avec HP, qui atteint 60 millions de livres par an.
Un espace d’autant plus stratégique depuis l’interdiction des paris en face avant
Cette bataille commerciale autour des manches prend une dimension supplémentaire cette saison : depuis 2026-2027, la Premier League interdit les sponsors de paris sportifs sur la face avant des maillots. Des marques comme Stake ou Betano, chassées du torse, se replient donc sur les manches ou les tenues d’entraînement, où elles restent autorisées, une bascule qui accentue encore la valeur de cet espace publicitaire.
🚨 The most lucrative sleeve sponsorship deals among Premier League clubs for the 2026/2027 season.
— Łukasz Bączek (@Lu_Class_) September 9, 2026
Manchester United tops the list following the announcement of a £22m-a-year deal with SumUp. Chelsea has not yet announced a new sponsor. pic.twitter.com/au8X1zd4xB
Chelsea, ou le retour à la case départ
Dans ce contexte, la situation de Chelsea ne manque pas de sel. Faute de sponsor manche à ce jour, le club londonien a choisi de réutiliser la solution des années 2000 : un second badge Premier League, affiché sur chaque manche. Vingt ans après avoir contribué à faire disparaître ce badge pour ouvrir la voie à un marché aujourd’hui pesant plusieurs dizaines de millions de livres par saison, la Premier League voit donc l’un de ses clubs les plus huppés y revenir, faute de mieux.
Publication
- Publié le : 20/09/2026 à 12:13
- Mis à jour le : 19/09/2026 à 17:13
