Lors de la rencontre entre l’Olympique Lyonnais et le FC Nantes, Clinton Mata et Mostafa Mohamed se sont percutés au niveau de la tête. Les deux joueurs avaient une contusion au niveau du crâne, forçant les soigneurs à intervenir.
Pour stopper le saignement, on a assisté à deux écoles : celle des médecins nantais, qui ont mis un bonnet de bain à l’attaquant égyptien, et celle des médecins lyonnais, qui ont multiplié les tours de bande sur le crâne du défenseur belge. Une manoeuvre qu’il a fallu répéter, car le bandage n’était pas suffisant pour contenir le saignement, et qui a forcé les médecins lyonnais à se hâter.
« Soit on met le bandage, soit un bonnet de bain parce que c’est plus rapide. On a juste à glisser le bonnet de bain. Et ça ne se détache pas.«
Alexandre Creuzé, médecin de l’AS Monaco
Le cas des chocs au niveau de la tête et des commotions est pris très au sérieux en Ligue 1, qui a autorisé un changement supplémentaire en cas d’incapacité d’un joueur à reprendre une rencontre. Cela suit une procédure très stricte.
« Pour analyser la blessure, on a quelqu’un en tribune, souvent un kiné, qui a une tablette et qui regarde à la vidéo avec les angles de la télé, ce qui permet de voir si le choc a été violent, nous explique Alexandre Creuzé, médecin de l’équipe professionnelle de l’AS Monaco. Ensuite, on rentre sur le terrain. S’il y a des signes de commotion grave, il sort de suite. S’il a des vertiges, s’il ne sait plus du tout où il est, qu’il a des troubles de l’équilibre, c’est forcément qu’il a eu un traumatisme au niveau du cerveau. Si on a un doute, on a le questionnaire de Maddock, avec 5 questions simples, auxquelles le joueur doit répondre. »
Pour le médecin, ce n’est pas le saignement le plus grave. Il faut juste savoir le contenir, pour que le joueur puisse reprendre le match au plus vite. « La plaie ouverte, forcément, sur le plan visuel, c’est impressionnant, poursuit-il. Mais ce n’est qu’une entaille sur la peau et il ne faut surtout pas oublier la commotion derrière qui est beaucoup plus grave. »
Pour gérer ces cas, cela dépend des médecins et de leur manière de travailler. « Il y a plusieurs écoles, détaille Docteur Creuzé. Soit on met le bandage, soit un bonnet de bain parce que c’est plus rapide. On a juste à glisser le bonnet de bain. Et ça ne se détache pas. La bande peut parfois glisser, se détacher, et le bonnet est beaucoup plus rapide à installer. On bloque le saignement, on peut même faire parfois un tour de bande, puis mettre le bonnet. C’est beaucoup plus rapide que de faire le tour du crâne une dizaine de fois. »
« Le problème des bonnets, c’est le côté esthétique, dont les joueurs ne sont pas très fans«
Alexandre Creuzé, médecin de l’AS Monaco
Si le bonnet est un gain de temps pour les soigneurs, il n’est pas du goût de tous les joueurs, qui ne veulent pas paraître ridicules. « Le problème des bonnets, c’est le côté esthétique, dont les joueurs ne sont pas très fans, confit le médecin de l’ASM. Certains n’ont pas l’impression d’avoir une belle tête avec et préfèrent généralement la bande. »
Cette pratique reste tout de même peu courante, et ses origines restent floues. « Je ne sais pas d’où ça vient, avoue Docteur Creuzé. Moi, c’est un médecin espagnol qui travaillait ici qui m’en avait parlé. J’avais trouvé ça bien. Après, il y a des casques un peu molletonnés comme au rugby. Mais ce n’est pas fréquent, car il n’y a pas beaucoup de commotions dans le football. »

Bonnet ou bande, le choix dépend des spécialistes ou des intéressés. Le cas de figure avait déjà été observé en Ligue 1 en mars 2020, lorsque Dario Benedetto, touché à l’oreille, était revenu sur la pelouse avec un bonnet de bain. Cette scène avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, dont de nombreuses moqueries. On comprend désormais le choix des joueurs de préférer la bande de guerrier à la Chiellini plutôt que le bonnet style Manaudou.
Publication
- Publié le : 21/12/2023 à 18:57
- Mis à jour le : 21/12/2023 à 22:10
