L’argument selon lequel le football n’a rien à voir avec la politique vient de rencontrer un contre-argument supplémentaire. Il y a des fois où le football peut déranger un supporter et ses convictions en matière de droits humains. Voilà ce que pouvaient penser les supporters d’Arsenal. Depuis 2018, les Gunners sont sous contrat avec l’agence Visit Rwanda, antenne phare de la stratégie d’influence visant à renforcer l’image à l’international. Le logo est d’ailleurs visible sur la manche gauche des maillots des joueurs. D’autres actions de visibilité ont été déployées via le club : contenus vidéo, visites de joueurs, visibilité dans le stade…
Arsenal a annoncé que ce partenariat ne sera pas renouvelé à l’issue de la saison 2025-2026. Vivement critiqué par une frange des fans d’Arsenal, le contrat aurait rapporté environ 10 millions de livres par an.
L’utilisation de fonds publics rwandais dans le football européen, dans un contexte économique difficile pour une partie de la population locale, a été l’un des facteurs du mécontentement des fans. La fronde s’est matérialisée par des campagnes en ligne, des tribunes et des protestations, comme lorsqu’une affiche « Visit Tottenham » (ennemi juré d’Arsenal) avait été déployée par des fans, contribuant ainsi à alimenter le débat. Selon The Athletic, cette pression populaire est perçue comme un facteur ayant influencé la non-reconduction du contrat. Comme quoi, même dans le tout-puissant foot business, la voix des fans peut être écoutée (après 7 ans de contestations et des millions dans les poches, cela dit).
Un contexte politique dur à accepter
Ce partenariat faisait la fierté de Paul Kagame, dirigeant du Rwanda, lui-même supporter des Gunners. Son gouvernement est régulièrement critiqué pour son autoritarisme, ses atteintes aux droits de l’homme et son rôle dans des conflits régionaux. Ces éléments ont renforcé le malaise autour de ce partenariat, accusé de servir à redorer l’image du pays à l’international par le biais du sport. Vous avez dit que le foot n’avait rien de politique ?
Une contestation également présente au PSG

Arsenal n’est pas le seul club soutenu financièrement par l’organisme Visit Rwanda. C’est le cas du Paris Saint-Germain, qui vient d’ailleurs d’étendre son partenariat jusqu’en 2028. Comme à Arsenal, certains supporters du PSG expriment leur malaise face à cette association avec un État au régime autoritaire. Une pétition a d’ailleurs recueilli plus de 75 000 signatures. Si petit soit il et placé sur la manche des maillot, ce logo n’est pas prêt de passer inaperçu, mais pas pour les bonnes raisons.
Publication
- Publié le : 24/11/2025 à 19:11
- Mis à jour le : 24/11/2025 à 19:12
