Réputée pour ses maillots unis, sobres et minimalistes, l’Angleterre reste fidèle à sa tradition depuis plus d’un siècle et demi. De la tenue blanche ou rouge à l’écusson des Trois Lions, en passant par l’inspiration de la croix de Saint-Georges, d’où vient cet héritage anglais ?
Une culture qui n’est pas propre au football
La tradition d’accorder une importance aussi forte au blanc n’est pas propre au football. En rugby, par exemple, l’équipe nationale a disputé son premier match en 1871 et a toujours évolué dans cette couleur. Même constat pour le cricket, sport emblématique de l’ancien Empire britannique, qui se pratique traditionnellement en blanc. L’exemple le plus marquant reste toutefois le tennis et le prestigieux tournoi de Wimbledon.
Le tournoi du Grand Chelem impose aux participants de porter une tenue presque entièrement blanche, ce qui en fait l’un des codes vestimentaires sportifs les plus stricts au monde, ayant traversé les époques malgré les nombreuses contestations.
Cette tradition dépasse donc largement le football et même le sport en général. Si elle est aussi présente dans la société anglaise, c’est parce qu’elle participe à la transmission d’un héritage culturel et de certaines valeurs nationales.
Porter le maillot de l’Angleterre, c’est également représenter des notions telles que l’élégance, le respect, le fair-play ou encore le prestige, des valeurs particulièrement chères à l’aristocratie anglaise du XIXe siècle. L’Angleterre ne joue donc pas seulement en blanc en raison de son drapeau ; cette couleur est aussi devenue un symbole de tradition et de distinction.
Des variations apportées par les équipementiers
Porté pour la première fois en 1872, le maillot anglais a connu quelques évolutions au cours de son histoire. Les premières touches de bleu marine apparaissent notamment à partir des années 1930. En 1974, Admiral devient l’équipementier de la sélection et modernise la tenue en introduisant des bandes rouges et bleues sur les manches. Une innovation qui apporte davantage de personnalité au maillot tout en respectant les codes historiques de l’équipe.
Lorsque Umbro récupère le contrat en 1984, la marque revient à une approche plus traditionnelle, renouant avec l’esthétique classique du maillot anglais. Depuis l’arrivée de Nike en 2013, les évolutions restent relativement discrètes. Hormis quelques expérimentations graphiques au niveau des manches ou du col, la marque américaine a veillé à préserver l’identité visuelle de la sélection.
Ironie de l’histoire, le plus grand moment du football anglais n’a pas été vécu en blanc. Lors de la finale de la Coupe du Monde 1966, les Three Lions ont décroché leur unique étoile dans un maillot rouge devenu légendaire. Choisie pour offrir un meilleur contraste face à l’Allemagne de l’Ouest, cette tenue portée par Bobby Moore à Wembley s’est imposée comme l’une des plus iconiques de l’histoire de la sélection, au point d’éclipser, le temps d’un souvenir, le traditionnel maillot blanc anglais.
Embed from Getty ImagesUn marqueur identitaire commun
L’exemple de l’Angleterre montre que le maillot n’est pas qu’une simple tenue de sport. Il dépasse largement le cadre du football et s’inscrit dans une histoire culturelle plus vaste. Héritier de traditions anciennes, il participe à la préservation de certains codes et symboles de l’identité anglaise. Des courts de Wimbledon à Wembley, en passant par les terrains de rugby et de cricket, le blanc demeure l’un des principaux marqueurs identitaires du sport anglais.
Publication
- Publié le : 27/06/2026 à 12:45
- Mis à jour le : 27/06/2026 à 11:24
