Maillots de foot

Connaissez-vous l’origine des numéros sur les maillots de football ?

Publié le 13/11/2018 Mis à jour le 14/11/2018

Le mythique numéro 10 de Pelé, Zidane ou Messi, le 7 de Cristiano Ronaldo, Raul, Beckham ou le 1 de Buffon, Casillas et Zoff. Plus qu'une simple obligation, les numéros présents sur les maillots des joueurs de football sont devenus symboliques. Mais connaissez-vous vraiment l'histoire des numéros dans le football ?

Difficile d’imaginer le football sans numéros sur les maillots des joueurs, difficile même d’imaginer tout autre sport collectif sans ce grand chiffre dans le dos. Pourtant, pendant de nombreuses années, les maillots des footballeurs ne comportaient pas de numéros et encore moins de noms des joueurs. Pour faire un brin d’histoire, il faut remonter à 1928 pour retrouver la trace de la première apparition des numéros sur des maillots de foot. Alors expérimenté en Angleterre pour permettre aux spectateurs de plus facilement reconnaitre les joueurs, il faudra attendre 1933 pour les revoir sur un terrain de foot. Présents sur les maillots à l’occasion de la finale de FA Cup entre Everton et Manchester City, les deux équipes sont alors divisées en deux puisque que les Toffees arborent les numéros de 1 à 11 et les Citizens de 11 à 22.

Définitivement adoptés à l’été 1939 par la fédération anglaise, les numéros vont désormais  de 1 à 11 pour les deux équipes et sont distribués selon le poste et selon un système devenu référent. Le gardien porte ainsi le numéro 1, le défenseur droit le 2, les défenseurs centraux le 4 et le 5, le défenseur gauche le 3, les deux milieux de terrain le 6 et 8, l’ailier droit le 7, l’ailier gauche le 11, le meneur de jeu le 10 et l’attaquant le 9. Mis en sommeil durant la guerre déclarée quelques mois plus tard, la numérotation des maillots va reprendre de plus belle vers la fin des années 40 et sera même mis en place officiellement lors de la Coupe du Monde 1954 qui se déroule en Suisse mais d’une manière différente puisque la FIFA impose à l’époque que chaque sélectionné dispose d’un numéro qui lui est propre. Ainsi disparait la correspondance avec les postes et s’ouvre l’ère des numéros personnels. Pas étonnant donc que quelques années plus tard, le numéro 14 s’affiche dans le dos de Johan Cruyff, le 13 dans celui d’Eusebio, que le numéro 10 n’est plus réservé au seul meneur de jeu mais plutôt devenu le symbole de la star de l’équipe ou que des numéros 77, 88 ou 99 fassent peu à peu leur apparition au fil des années.

De drôles de numéros …

Débarquée d’Amérique du Sud, cette drôle de mode est notamment apparue dans les années 90. Que ce soit pour fêter l’anniversaire d’un club, d’une ville ou un nombre de matchs réalisés dans un club, les occasions de porter un maillot unique sont légions. On se rappelle notamment du numéro 300 arboré par Juninho à l’occasion de son 300ème match sous le maillot de Vasco de Gama ou du mythique maillot 1+8 d’Ivan Zamorano.

Privé du numéro 9 par un certain Ronaldo, le chilien fait alors de son maillot 18 un maillot légendaire avec le signe + entre les deux chiffres ! Encore plus fous, on se rappelle du numéro 0 du marocain Zerouali qu’il avait demandé en réponse au surnom éponyme que les supporters d’Aberdeen lui donnaient. Le gardien chilien Sergio Vargas avait lui pris le numéro 188 non pas pour rendre hommage mais tout simplement après avoir signé un contrat publicitaire avec une entreprise de téléphonie mobile intitulé « 188 ». Bref, la liste d’exemple est interminable.

… des numéros fétiches …

Mais si les numéros loufoques ont fait leur apparition pendant quelques années, les règlements des différents championnats européens par exemple ont stoppé cette tendance. En France par exemple, la LFP est assez stricte en la matière et n’autorise aucune fantaisie « chaque club de Ligue 1 et Ligue 2 doit établir la liste d’affectation des numéros. Cette liste ne peut excéder 30 noms, le numéro 30 est donc le dernier de la liste. Les numéros 1, 16 et 30 sont exclusivement et obligatoirement réservés aux gardiens de but. En dernier ressort, le numéro 40 peut être attribué. Toutes les équipes doivent disposer d’un maillot numéroté 33, non attribué à un joueur et réservé aux remplacements de dernière heure. » Impossible donc de retrouve un maillot numéro 99 comme Ronaldo l’avait fait lors de son passage à Milan, lui l’éternel numéro 9 privé de son numéro fétiche par Pipo Inzaghi.

numeros-footballeurs-europe-

Car on le sait, le footballeur (le sportif en général) est superstitieux. Pour en revenir à Cruyff, légendaire numéro 14 du football, l’attribution de ce numéro s’est faite au hasard d’un avant match face au PSV Eindhoven dans les années 70. Offrant son numéro 9 de l’époque à l’un de ses coéquipiers, Cruyff opte alors pour le 14 et le conservera toute sa carrière puisque ce fameux match contre le PSV avait été particulièrement réussi. Seul la période barcelonaise le destituera du numéro 14 puisque le règlement espagnol interdisait alors les numéros supérieurs à 11 pour les titulaires.

Autre joueur au numéro devenu emblématique, Cristiano Ronaldo. Presque forcé par Alex Ferguson pour reprendre le numéro mythique porté avant lui par Best, Cantona et Beckham, le portugais est devenu CR7 dans le Monde entier et son image associée à jamais à ce numéro. En arrivant au Real Madrid, Cristiano Ronaldo a pourtant dû patienter une saison pour récupérer le numéro 7 déjà utilisé par l’icône Raul. Une mesure que le portugais n’a pas eu besoin de reproduire lors de son arrivée à la Juventus Turin puisque c’est Juan Cuadrado lui-même qui lui a offert le numéro 7 qu’il portait depuis son arrivée en 2015.

maillot-football-adidas-Juventus-Turin-Ronaldo-Cuadrado-numero-7-img1

Et il n’y a pas que le quintuple Ballon d’Or qui est attaché à ce numéro puisque selon l’étude réalisée par footballsquads, le chiffre 7 est tout simplement le numéro le plus demandé du football. Du côté des français, on retrouve par exemple Antoine Griezmann avec ce numéro particulier en hommage à son idole David Beckham (tout comme le fait de porter des manches longues en permanence) ou plus récemment le changement de Kylian Mbappé au PSG qui est passé du 29 au 7 justement en hommage à … CR7 !

… et des numéros retirés !

Août 2014. Mathieu Valbuena quitte l’Olympique de Marseille après 8 années de bons et loyaux services. Pour rendre hommage à son meneur de jeu, l’OM décide de ne plus jamais attribué le numéro 28 à aucun joueur. Si à l’époque, cet hommage avait fait sourire pas mal de monde, c’est une pratique pourtant largement répandue du côté de l’Italie ou de l’Angleterre (sans parler de la NBA bien sûr) afin d’honorer des légendes. Ainsi, on se rappelle que depuis le départ de Diego Maradona de Naples, plus aucun joueur ne pourra porter le numéro 10. A Milan, ce sont les numéros 3 de Paolo Maldini et 6 de Franco Baresi qui ont été retiré, tout comme le 14 de Cruyff à l’Ajax, le 6 d’Aldaïr à l’AS Roma (finalement réintroduit en 2013), le 11 de Gigi Riva à Cagliari, le 25 de Gianfranco Zola à Chelsea, le 10 de Ferenc Puskas au Budapest Honved, le 3 de Giacinto Facchetti à l’Inter, le 10 de Roberto Baggio à Brescia, le 6 de Lucarrelli à Parme, le 6 de Bobby Moore à West Ham, le 7 de Raul à Schalke, le 10 de Pelé aux Cosmos de New-York ou encore le 4 de Javier Zanetti à l’Inter Milan de nouveau.

davide-astori-fiorentina

D’autres clubs ont souhaité également retiré un numéro de maillot en hommage à un joueur décédé. On se souvient bien sûr du numéro 27 de Marc-Vivien Foé à Manchester City et du 17 à Lyon et à Lens, mais aussi du 21 de Dani Jarque à l’Espanyol Barcelone et au FC Séville, du 26 de Miki Roque au Betis Séville, du 30 de Jason Mayélé au Chievo Vérone, du 13 de Vittorio Mero à Brescia, du 29 de Miklos Fehér à Benfica ou du 13 de Davide Astori à la Fiorentina. Enfin on notera le retrait du numéro 12 en hommage aux supporters qualifiés de 12ème homme. C’est le cas par exemple à Fenerbahce, Lens, Feyenoord, Portsmouth, Norwich City, Bayern Munich, Malmö ou au Zénith Saint-Pétersbourg. Du côté du Panatinaïkos, c’est le numéro 13 qui a été retiré pour remercier le groupe d’ultras depuis toujours à la Porte 13 du stade.

On le voit, plus qu’un simple chiffre dans le dos, le numéro est désormais utilisé comme un aspect marketing important par les clubs, notamment dans les ventes de maillots, sur les coques de téléphone mais aussi dans la communication (on a pu le voir avec la guerre entre le Real Madrid et la Ligue espagnole), le numéro du footballeur est devenu une sorte de signature personnelle et cela, seulement 80 ans après son introduction au beau milieu d’une finale de FA Cup !

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

JULIEN ROGEZ

Publié le 13 novembre 2018 à 22 h 37 min

et pour être encore plus complet, sachez qu’au Bayern, le numéro 12 est réservé aux supporters et aucuns joueurs n’a le droit de l’utiliser ^^. Encore bravo la team footpack pour le boulot que vous faites, vous êtes au top!

Thomas Prouteau

Publié le 14 novembre 2018 à 8 h 45 min

Merci beaucoup Julien ! et merci pour l’info, on ne l’avait pas sur le Bayern Munich, on va mettre à jour notre article grâce à ça

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites anonymes. En savoir plus Ok