La PUMA King fait partie de ces rares crampons devenus des symboles. En plus de 50 ans d’existence, elle a traversé les décennies, les styles, les joueurs, sans jamais perdre son ancrage dans l’imaginaire collectif du football. Si son nom renvoie à la puissance, c’est surtout le toucher, la maîtrise technique et le statut de ceux qui l’ont portée qui en ont fait une icône. Retour en profondeur sur une paire qui n’a jamais cessé d’évoluer sans se renier.
Aux origines de la PUMA King
La PUMA King voit le jour en 1968. Conçue pour Eusébio, elle s’inscrit dès le départ comme une chaussure à part. Le Portugais, surnommé « la Panthère noire », porte déjà des crampons PUMA lors de la Coupe du Monde 1966, mais il cherche davantage de souplesse et de contrôle. La demande est transmise à Rudolf Dassler, fondateur de PUMA. Le résultat est un modèle en cuir de kangourou, à la semelle plus flexible, avec des crampons à vis en nylon, un produit qui tranche avec les standards rigides de l’époque.

Dès son lancement, la King vise les sommets. Le nom affiche clairement la volonté de s’adresser à une élite, mais c’est en 1970 que son destin bascule grâce à un geste anodin pour le grand public, mais qui reste encore aujourd’hui l’un des meilleurs coups marketing de l’histoire du football.
Pelé, Maradona, Henry : l’héritage des génies du ballon
L’image est connue. Juste avant le coup d’envoi d’un match de la Coupe du Monde 1970, Pelé s’agenouille pour refaire ses lacets. Alors au sommet du football mondial, Pelé est bien évidemment au centre de toutes les attentions, et les caméras sont braquées sur lui, donc sur ses chaussures. La scène, en réalité orchestrée par PUMA, propulse la King dans une autre dimension. Le Brésil remporte le Mondial, Pelé inscrit trois buts, et la chaussure devient une icône mondiale. D’autant que cette exposition défie le « pacte Pelé », un accord tacite entre adidas et PUMA pour ne pas s’arracher l’image du joueur.

Dès lors, la King devient la chaussure des génies du ballon. Johan Cruyff, Diego Maradona, Mario Kempes ou Lothar Matthäus l’adoptent. Maradona la porte en 1986, lors du célèbre quart de finale face à l’Angleterre. La « Main de Dieu » et le but du siècle sont inscrits en PUMA King. Cruyff, quant à lui, incarne le football total des Pays-Bas. Tous ces joueurs partagent un point commun : ils dirigent le jeu, et la King devient leur outil de précision.
Dans les années 1990, le football change, et les contrats d’équipementier viennent modifier la donne dans certaines compétitions. Alors qu’il évolue en PUMA King du côté de la Juventus, c’est avec la Predator Accelerator d’adidas que Didier Deschamps lève la première Coupe du Monde de la France, la faute à « des discussions claires entre gens de bonne intelligence » afin de densifier la visibilité d’adidas, équipementier maillot des Bleus.
Au début des années 2000, les modèles légers apparaissent, pensés pour la vitesse comme la Mercurial en 1998 ou la F50 en 2004. Mais la King conserve sa ligne. Elle continue de parler à ceux qui cherchent le contrôle plutôt que la course. Des joueurs comme Samuel Eto’o ou même Zlatan Ibrahimović utilisent cette paire qui traverse le temps. Malgré son ancrage classique, la King ne se fige pas. PUMA met régulièrement le modèle à jour, et un joueur comme Thierry Henry en devient même l’un des ambassadeurs en 2011. C’est notamment avec la King SL qu’il marque son iconique but du retour face à Leeds en 2012. La King XL (2008), en clin d’œil aux années 1980, la King Finale (2010), plus légère, ou encore la King Platinum (2019), à la silhouette affinée et à la semelle Pebax, font partie des évolutions.
Neymar et le storytelling parfait
Mais l’un des tournants dans l’histoire de la PUMA King intervient en 2020. Lui, l’ancien visage de la Nike Mercurial, devient ambassadeur PUMA et porte la King. On comprendra ensuite que, derrière ce choix, se cachait l’attente de la sortie de la Future Z, qui interviendra quelques semaines plus tard, mais PUMA s’est servi de ce timing pour affirmer un storytelling qui s’apparente à une masterclass.

Héritier désigné de Pelé au Brésil, Neymar le devient également chez PUMA en tant qu’ambassadeur de la King, et la marque au félin en profite pour appuyer la carte historique. S’il bifurque sur la Future, le dernier tournant de la King s’opère en 2023 avec la King Ultimate. Pour la première fois de son histoire, le cuir de kangourou est abandonné, remplacé par le K-BETTER, matériau synthétique, plus léger et plus durable. Un choix technique, mais aussi éthique.
La PUMA King n’est pas une chaussure comme les autres. Elle est un témoin de l’histoire du football autant qu’un acteur. En près de six décennies, elle a porté les gestes des plus grands. Sans jamais se dénaturer, elle a su s’adapter, changer de forme, de matières, sans rompre avec sa vocation : être aux pieds de ceux qui font le jeu.
Publication
- Publié le : 07/11/2025 à 11:21
- Mis à jour le : 07/11/2025 à 11:21
